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2011-10-28T12:52:00+02:00

Le prix de ma colère : sa révolte et de la tristesse

Publié par TimTad

 

Bonjour,

 

Depuis quelques semaines, je dorlote un autre adorable petit garçon de deux ans, que je vais surnommer PG, (comme petit garçon).

Je ne vais pas vous parler de lui, mais d'une conséquence inattendue de sa présence chez moi.

 

Timéo, deux ans, n'aime pas être seul. Il a besoin d'une présence. Il me suit partout, la plupart du temps, et reste avec moi, quitte à amener ses jouets aux toilettes...

Quant à Tadéo, 9 mois, je le porte et je le pose aussi dans la même pièce que moi. Et si mon ainé fait quelque chose de dangereux ou qui me déplait, je peux lui dire tout de suite.

 

Mais quand PG est là, c'est différent. L'un des premiers avantages que j'ai observé, c'est que Timéo ne me demande plus "viens maman" pour que je l'accompagne aux toilettes... Bien pratique !

 

Mais quand je cuisine, c'est plus compliqué ! J'ai toujours mon cadet sous les yeux, mais Tim et PG restent dans la chambre, courent dans le couloir... ou vont là où je n'ai pas fermé la porte !

 

Un matin, occupée dans la cuisine, j'entends un bruit, comme un déchirement...

Je fonce dans la chambre. A l'entrée, il y un espace où je scotche certains dessins que Timéo a réalisés.

Je vois PG avec un de ces dessins dans la main, d'autres par terre, et mon fils à proximité aussi.

La colère m'a envahie d'un coup, mais je me suis contenue, et j'ai dit d'une voix forte et sévère, avec un message-je (me venant naturellement avec la pratique, incomplet, mais que je préfère à un message-tu) :

"Non, pas les dessins ! PG, il ne faut pas déchirer les dessins..." et regardant mon fils "C'est pareil pour toi, je ne veux pas qu'on déchire les dessins".

Bien énervée, j'ai re-scotché les dessins rapidement, puis je suis allée égoutter les pâtes... Dans la minute, je retourne dans la chambre pour voir ce qu'ils faisaient en silence...

Tous les dessins étaient à nouveau par terre, PG était éloigné et observait la scène...

Quand à mon garçon... il avait dans la main un dessin, un de ses plus beaux dessins, qu'il avait réalisé avec ma mère la semaine précédente !

J'ai ouvert grand les yeux, furieuse, et j'ai crié :"

"NON, pas le dessin de mamie ! NON ! Je ne suis pas contente ! Je suis furieuse !"

Je l'ai attrapé et je l'ai posé sur le tapis plus loin, sans lui faire mal physiquement, mais brusquement quand même. J'ai crié, donné un coup de poing dans le mur pour me calmer un peu, puis j'ai ramassé les dessins et je les ai rangés ailleurs...

[Maintenant que j'y pense, en écrivant, il a peut-être prit mon geste comme une punition, car il souriait souvent en regardant les dessins, fier de lui... Je vais lui proposer de les scotché à nouveau.]

Timéo est allé se réfugier dans son lit, pleurant et criant "pas content, pas content" et "non maman ! non maman !".

 

J'ai respiré un bon coup, et je suis retournée dans la cuisine.

Timéo et PG sont revenus. Mon fils a ramassé des jouets, m'a regardé, et les a lancés en l'air, n'importe où, sachant que ça allait me contrarier... J'ai essayé de ne plus crier, et de ne pas entrer dans son jeu...

Le reste de la matinée, pendant le repas, et avant la sieste, il a eu beaucoup de comportements qui me sont inacceptables...

 

 

 

Timéo continuait d'avoir un comportement inacceptable… de plus en plus inacceptable !

J'avais l'impression qu'il faisait vraiment cela contre moi, et pas pour lui.

 

Alors je lui ai demandé :

"Timéo, tu es fâché contre moi ?"

"oui, pas content", me répond-il, avec un sourire de défi.

"pourquoi tu es fâché contre moi ?"

"Déchiré dessin mamie pas content"

J'ai compris qu'il m'en voulait encore pour ma colère de ce matin...

[J'ai déjà pu constater par le passé, dans les rares occasions où je l'avais puni, que d'une façon ou d'une autre, il me le faisait payer... Dans son livre "Eduquer sans punir", le Dr Gordon parle des mécanismes d'adaptation face à l'autorité ; le premier de sa liste est "Résister, défier, être négatif"]

Alors j'ai essayé l'écoute active :

"Tu es fâché contre moi parce que je me suis fâchée contre toi ce matin quand tu as déchiré les dessins ?"

"Oui, pas content", et il continue de jouer tranquillement...

Puis il me dit d'un coup "papa parti non non, maman parti oui".

Surprise, j'ai cru avoir mal entendue...

"Tu veux que ce soit moi qui parte au travail, et que papa reste à la maison ?"

"Oui, revoir !" me dit-il en agitant sa main, et faisant un bisou vers moi !" [rituel du départ le matin quand son père part au travail]

 

Je me suis sentie mal, rejetée par mon fils !

Avant, je me serais contenue, j'aurais ignoré ce que je ressentais, en pensant que "c'est à cause de lui, de ce qu'il m'a dit" ou "je ne dois pas me laisser aller, là, comme ça avec mes deux garçons..."

 

Mais j'ai décidé de changer...

Suite à la lecture du livre "Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), j'ai choisi de laisser l'émotion m'envahir...

J'étais triste. J'avais presque envie de pleurer...

J’ai redressé la tête et constaté que Tim me fixait. Alors je lui ai juste dis : "Je suis triste".

Et c'est tout ce à quoi je pensais, à la tristesse qui m’envahissait...

Mon petit garçon est venu dans bras, pour me consoler... 3 secondes !

Puis il a dit "voilà !"

Je l'ai remercié, mais j'étais toujours triste ! Il est revenu avec ses doudous, pour me faire un câlin un peu plus long... 20 secondes ! Puis il est reparti jouer... Tad était joyeux, heureux d’être debout...

J'ai continué de ressentir cette tristesse 5 vrais minutes (je surveillais l'heure de la sieste), pendant que Tim faisait des des allers retours dans mes bras, avec des sourires forcés et des "voilà !"

Et puis, d'un coup, je me suis sentie mieux, et j'ai joué avec mes enfants.

 

C'était une expérience unique et singulière. J'ai été touchée par la sollicitude de mon fils. Ça m'est arrivé dans le passé de lui jouer la comédie pour le manipuler... en vain ! Mais ce jour-là, il était sensible à ma peine... et j'étais contente de ça je crois !

Je ne sais pas toujours exactement pourquoi je me suis fâchée pour les dessins aussi violemment, quelle était mon émotion première...C'était juste des dessins... ses dessins à lui en plus !

Peut-être à cause du souvenir que le dessin representait... Et aussi parce qu'il recommençait derrière mon dos un interdit... [Maintenant que j'y pense, en écrivant, je ne lui pas expliqué pourquoi cet interdit, une des bases de l'autorité... j'étais tellement en colère !]

 

Je vais continuer de me reconnecter avec moi-même...

 

C'était une expérience enrichissante, avec une leçon...

Quand il m'a dit "voilà" la première fois, j'ai pensé "bah non, pas voilà ! Ma peine ne disparait pas d'un coup, comme ça !"

Puis j'ai chassé cette pensée pour ressentir pleinement mon émotion. Mais après coup, je repense aux nombres de fois où je lui ai dit "voilà ! Ça y est" et que je passais à autre chose pendant qu'il demandait "encore câlin encore câlin !" en pleurant... Je comprends mieux à présent.

Je sais aussi que sa sollicitude et son contact physique ont atténuée ma peine et m'ont aidé à me sentir mieux...

 

Je vais essayer de m'en souvenir la prochaine fois que cela lui arrivera, et j'essaierai d'être patiente...

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