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2011-10-28T12:52:00+02:00

Le prix de ma colère : sa révolte et de la tristesse

Publié par TimTad

 

Bonjour,

 

Depuis quelques semaines, je dorlote un autre adorable petit garçon de deux ans, que je vais surnommer PG, (comme petit garçon).

Je ne vais pas vous parler de lui, mais d'une conséquence inattendue de sa présence chez moi.

 

Timéo, deux ans, n'aime pas être seul. Il a besoin d'une présence. Il me suit partout, la plupart du temps, et reste avec moi, quitte à amener ses jouets aux toilettes...

Quant à Tadéo, 9 mois, je le porte et je le pose aussi dans la même pièce que moi. Et si mon ainé fait quelque chose de dangereux ou qui me déplait, je peux lui dire tout de suite.

 

Mais quand PG est là, c'est différent. L'un des premiers avantages que j'ai observé, c'est que Timéo ne me demande plus "viens maman" pour que je l'accompagne aux toilettes... Bien pratique !

 

Mais quand je cuisine, c'est plus compliqué ! J'ai toujours mon cadet sous les yeux, mais Tim et PG restent dans la chambre, courent dans le couloir... ou vont là où je n'ai pas fermé la porte !

 

Un matin, occupée dans la cuisine, j'entends un bruit, comme un déchirement...

Je fonce dans la chambre. A l'entrée, il y un espace où je scotche certains dessins que Timéo a réalisés.

Je vois PG avec un de ces dessins dans la main, d'autres par terre, et mon fils à proximité aussi.

La colère m'a envahie d'un coup, mais je me suis contenue, et j'ai dit d'une voix forte et sévère, avec un message-je (me venant naturellement avec la pratique, incomplet, mais que je préfère à un message-tu) :

"Non, pas les dessins ! PG, il ne faut pas déchirer les dessins..." et regardant mon fils "C'est pareil pour toi, je ne veux pas qu'on déchire les dessins".

Bien énervée, j'ai re-scotché les dessins rapidement, puis je suis allée égoutter les pâtes... Dans la minute, je retourne dans la chambre pour voir ce qu'ils faisaient en silence...

Tous les dessins étaient à nouveau par terre, PG était éloigné et observait la scène...

Quand à mon garçon... il avait dans la main un dessin, un de ses plus beaux dessins, qu'il avait réalisé avec ma mère la semaine précédente !

J'ai ouvert grand les yeux, furieuse, et j'ai crié :"

"NON, pas le dessin de mamie ! NON ! Je ne suis pas contente ! Je suis furieuse !"

Je l'ai attrapé et je l'ai posé sur le tapis plus loin, sans lui faire mal physiquement, mais brusquement quand même. J'ai crié, donné un coup de poing dans le mur pour me calmer un peu, puis j'ai ramassé les dessins et je les ai rangés ailleurs...

[Maintenant que j'y pense, en écrivant, il a peut-être prit mon geste comme une punition, car il souriait souvent en regardant les dessins, fier de lui... Je vais lui proposer de les scotché à nouveau.]

Timéo est allé se réfugier dans son lit, pleurant et criant "pas content, pas content" et "non maman ! non maman !".

 

J'ai respiré un bon coup, et je suis retournée dans la cuisine.

Timéo et PG sont revenus. Mon fils a ramassé des jouets, m'a regardé, et les a lancés en l'air, n'importe où, sachant que ça allait me contrarier... J'ai essayé de ne plus crier, et de ne pas entrer dans son jeu...

Le reste de la matinée, pendant le repas, et avant la sieste, il a eu beaucoup de comportements qui me sont inacceptables...

 

 

 

Timéo continuait d'avoir un comportement inacceptable… de plus en plus inacceptable !

J'avais l'impression qu'il faisait vraiment cela contre moi, et pas pour lui.

 

Alors je lui ai demandé :

"Timéo, tu es fâché contre moi ?"

"oui, pas content", me répond-il, avec un sourire de défi.

"pourquoi tu es fâché contre moi ?"

"Déchiré dessin mamie pas content"

J'ai compris qu'il m'en voulait encore pour ma colère de ce matin...

[J'ai déjà pu constater par le passé, dans les rares occasions où je l'avais puni, que d'une façon ou d'une autre, il me le faisait payer... Dans son livre "Eduquer sans punir", le Dr Gordon parle des mécanismes d'adaptation face à l'autorité ; le premier de sa liste est "Résister, défier, être négatif"]

Alors j'ai essayé l'écoute active :

"Tu es fâché contre moi parce que je me suis fâchée contre toi ce matin quand tu as déchiré les dessins ?"

"Oui, pas content", et il continue de jouer tranquillement...

Puis il me dit d'un coup "papa parti non non, maman parti oui".

Surprise, j'ai cru avoir mal entendue...

"Tu veux que ce soit moi qui parte au travail, et que papa reste à la maison ?"

"Oui, revoir !" me dit-il en agitant sa main, et faisant un bisou vers moi !" [rituel du départ le matin quand son père part au travail]

 

Je me suis sentie mal, rejetée par mon fils !

Avant, je me serais contenue, j'aurais ignoré ce que je ressentais, en pensant que "c'est à cause de lui, de ce qu'il m'a dit" ou "je ne dois pas me laisser aller, là, comme ça avec mes deux garçons..."

 

Mais j'ai décidé de changer...

Suite à la lecture du livre "Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), j'ai choisi de laisser l'émotion m'envahir...

J'étais triste. J'avais presque envie de pleurer...

J’ai redressé la tête et constaté que Tim me fixait. Alors je lui ai juste dis : "Je suis triste".

Et c'est tout ce à quoi je pensais, à la tristesse qui m’envahissait...

Mon petit garçon est venu dans bras, pour me consoler... 3 secondes !

Puis il a dit "voilà !"

Je l'ai remercié, mais j'étais toujours triste ! Il est revenu avec ses doudous, pour me faire un câlin un peu plus long... 20 secondes ! Puis il est reparti jouer... Tad était joyeux, heureux d’être debout...

J'ai continué de ressentir cette tristesse 5 vrais minutes (je surveillais l'heure de la sieste), pendant que Tim faisait des des allers retours dans mes bras, avec des sourires forcés et des "voilà !"

Et puis, d'un coup, je me suis sentie mieux, et j'ai joué avec mes enfants.

 

C'était une expérience unique et singulière. J'ai été touchée par la sollicitude de mon fils. Ça m'est arrivé dans le passé de lui jouer la comédie pour le manipuler... en vain ! Mais ce jour-là, il était sensible à ma peine... et j'étais contente de ça je crois !

Je ne sais pas toujours exactement pourquoi je me suis fâchée pour les dessins aussi violemment, quelle était mon émotion première...C'était juste des dessins... ses dessins à lui en plus !

Peut-être à cause du souvenir que le dessin representait... Et aussi parce qu'il recommençait derrière mon dos un interdit... [Maintenant que j'y pense, en écrivant, je ne lui pas expliqué pourquoi cet interdit, une des bases de l'autorité... j'étais tellement en colère !]

 

Je vais continuer de me reconnecter avec moi-même...

 

C'était une expérience enrichissante, avec une leçon...

Quand il m'a dit "voilà" la première fois, j'ai pensé "bah non, pas voilà ! Ma peine ne disparait pas d'un coup, comme ça !"

Puis j'ai chassé cette pensée pour ressentir pleinement mon émotion. Mais après coup, je repense aux nombres de fois où je lui ai dit "voilà ! Ça y est" et que je passais à autre chose pendant qu'il demandait "encore câlin encore câlin !" en pleurant... Je comprends mieux à présent.

Je sais aussi que sa sollicitude et son contact physique ont atténuée ma peine et m'ont aidé à me sentir mieux...

 

Je vais essayer de m'en souvenir la prochaine fois que cela lui arrivera, et j'essaierai d'être patiente...

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2011-10-26T13:57:00+02:00

L'écoute active pour l'apaiser après le départ de mamie

Publié par TimTad

 

Bonjour,

 

Ma mère est venue passer une semaine à la maison. Nous n’avions pas pu nous voir depuis le mois de mai. Timéo était heureux, joyeux, presque toujours de bonne humeur, et il l’appelait dès le réveil. Nous nous sommes tous bien amusés.

 

Et puis, le jour du départ est arrivé. On s’est embrassé, fait des câlins, et puis elle est partie.

Timéo disait les matins suivant « mamie encore dodo », et je lui répondais « non, elle est partie. Elle est rentrée chez elle, dans sa maison », et il répétait « mamie partie maison ».

Le troisième matin, Timéo s’est levé une heure plus tard qu’à son habitude, et son père était déjà parti travailler. Et là, mon fils s’est mis à pleurer… avec de gros sanglots…

J’ai appelé son père au téléphone pour qu’ils puissent se dire bonjour, et sur le moment, mon enfant paraissait apaisé. Mais pour la moindre contrariété, ou frustration, Timéo éclatait en larmes, alors qu’habituellement il avait plus de patience et me demandait de l’aide. Je lui proposais un câlin, il me répondait « papa non non câlin, papa parti, mamie partie ».

 

Le soir, mon époux m’a fait cette remarque sereinement : « ça y est, il est dans une nouvelle période de crise », faisant référence au fait que depuis plusieurs jours mon fils explosait, parfois sans que l’on sache pourquoi.

 Mais en y réfléchissant, cette explication ne me convenait pas. C’était trop tôt, trop proche de la précédente période. Même s’il n’y a pas de règle, ni d’écart de temps type, même si chaque enfant a son propre rythme, mon instinct (et mon expérience peut-être) me disait que ce n’était ça. Je me suis alors rendue compte qu’il était dans cet état depuis quelques jours seulement, pas plus… et qu’il avait aussi depuis deux soirs des difficultés pour s’endormir.

Et à ce moment-là de ma réflexion, le soir où mon mari n’avait pas été là le matin, Timéo rejetait son père, et pour tout ou rien, il voulait « maman maman ! », y compris pour des petits détails où il ne veut que son père quand il est présent.

Je l’ai pris dans mes bras, et il a pleuré, encore avec de gros sanglots.

J’ai pratiqué l’écoute active.

« Tu veux que ce soit moi qui te prenne dans mes bras »

« ouii »

  « tu es fâché avec papa ? »

 « ouii »

« Tu n’es pas content, parce qu’il était déjà parti au travail ce matin quand t’es réveillé ? »

« ouii papa partiii »

« Et tu veux aussi voir ta mamie ? Elle est partie, elle te manque ? »

Il ne répond pas, mais il ne pleure plus, et m’écoute.

« Mamie est partie, avec son chien. Et elle te manque. Le matin, tu crois qu’elle dort encore, et quand tu te rappelles qu’elle est partie, tu es triste parce que tu aimerais lui faire un câlin, mais tu ne peux pas, parce qu’elle est partie. Tu aimes ta mamie et elle te manque »

Il répète avec ses mots, au fur et à mesure : « mamie parti, non non dodo encore mamie, non non câlin mamie, mamie partie, t’aime mamie, manque »

Nous avons discuté comme ça un moment…

Ensuite, lui et son papa on fait un gros câlin, et mon mari l’a couché.

Le lendemain, Timéo était sur le quick vif dès qu’il pensait que son papa allait partir au travail… ils se sont bien dit « au revoir » ce matin-là .

Ce jour-là, j'ai téléphoné à sa mamie pour tout lui dire, et mon fils répétait comme la veille. Il m’a pris le téléphone des mains pour l’embrasser et pour le serrer contre lui ! Et enfin, on a fait un dessin avec crayon et gommette qu’on a envoyé à sa mamie par la poste.

Mon fils a retrouvé son élan, son énergie et sa patience habituelle… et s’endort de nouveau sans difficultés.

 

Je pense que l’écoute active l’a apaisé en lui permettant de mettre des mots sur toutes ces émotions, et de se sentir compris.

 

Pour mon mari, en revanche, les choses ont été un peu plus compliquées.

Car le lendemain, sur le départ pour aller travailler, il l’a appelé plusieurs fois, mais mon fils était concentré avec un jeu. Le temps qu’il en sorte et aille à la porte (au bout de cinq longues minutes...)… son père était partit !

Timéo a eu un gros chagrin… et j’ai pratiqué l’écoute active :

«tu es déçu, papa est parti et tu voulais lui dire au revoir, tu es triste parce que tu n’as pas pu lui faire de câlin » « ouiii ». On a appelé son père, qui s’est expliqué avec lui !

 

Et depuis, le matin, mon mari attend mon fils… qui ne se fait plus attendre ! 

Nouveau rituel du départ : il lui fait un gros câlin, puis lui dit « au revoir » et fait un bisou bruyant dans l’air ! Signe que mon mari peut partir !

 

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2011-10-24T12:54:00+02:00

Je n'y arrive pas : je n'ai pas les mots.

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Aujourd'hui, je vais parler de mes grandes difficultés.

Je voulais écrire sur ce sujet depuis un moment déjà, mais je n'avais pas encore trouvé le moyen d'avancer, et de progresser.

 

Certains jours, mon fils a un comportement qui m'est inacceptable. Avant j'aurai écrit "tous les jours", mais les techniques de communication de la méthode Gordon m'ont aidé à les réduire, ou tout au moins, j'ai appris à mieux les vivre.

 

Mais il y a encore un grand nombre d'autres comportements qui me sont inacceptables.

J'observe mon fils, ce qu'il fait me dérange, m'énerve, alors je réfléchis et j'essaie de formuler mentalement mon message-je avant de le lui dire.

 

Dans certains cas, je réussis à m'exprimer sans difficulté avec un message-je ; par exemple quand il salit, je n'aime pas faire le ménage derrière... et s'il ne modifie pas son comportement, même si je m'énerve, c'est une situation que je vis relativement bien, et la plupart du temps, il m'écoute pendant que je le force (à s'habiller...), et il sourit en m'écoutant me répéter (content d'avoir réussi à prévoir ma réaction ?) et ça ne se finit pas en larmes pour lui, ni en peine pour moi.

 

Mais il y a les autres cas, les autres moments où je bloque. Je n'y arrive pas, je ne trouve pas les mots. Pour décrire son comportement, je n'ai pas problème. En revanche, exprimer mon sentiment et l'effet concret de son comportement sur moi, c'est beaucoup plus difficile...

Je suis là, à le regarder, à sentir la colère monter en moi, ce qu'il fait me dérange, aucun doute. Mais pourquoi exactement ? Et quel est mon sentiment, qu'est-ce que je ressens ? Je ne trouve pas les réponses.

 

Dans ces moments-là, je demande à Tim "S'il te plait, arrête, ça m'énerve, je ne veux pas me fâcher contre toi, je ne veux pas te faire de mal, je t'aime". Je parle de "mal" dans le sens large, je ne veux pas lui causer de souffrances, aussi bien physique qu'émotionnelle.

Parfois, il arrête. Et parfois il continue, rigole, dit "coquin"... moi je finis par m'énerver, j'élève la voix, et je le force physiquement... sans lui faire de mal, mais il pleure... Donc si, je lui fais du mal.

 

Alors qu'est-ce ce qui passe en moi ? Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à dire ce que je ressens ?

 

J'ai essayé aussi de m'exprimer en message-je pour résoudre certains conflits que j'ai avec mon époux... J'arrive à comprendre et à exprimer certains de mes besoins, comme avoir plus de temps pour moi... mais pour le reste, c'est pareil qu'avec mon fils : je n'y arrive pas. Pour m'exprimer en message-tu, aucun problème, et les reproches je peux lui faire ne manquent pas... mais lui dire clairement ce que je ressens, et ce dont j'ai besoin... pour le moment, je ne sais pas.

 

Je pense aussi que je vais bientôt bloquer pour l'autre technique, l'écoute active. Si mon fils avait 10 ans, je pense que je serai incapable de mettre des mots sur ses émotions.

Et malheureusement, c'est aussi le cas avec mon mari. Je vois bien qu'il souffre aussi, qu'il fait des efforts, mais qu'il ne sait pas comment... car je ne le sais pas moi-même. C’est un peu déprimant, mais je pense qu’en prendre conscience est un premier pas, suffisant pour accepter ma part de responsabilité, et essayer d’avancer.

 

 

J'ai lu d'autres livres de la méthode GORDON, et j'ai trouvé un début de réponse dans le livre "Femmes Efficaces, apprendre à être soi-même", de Linda Adams, la femme du Dr Gordon. J'ai compris que je suis, d'une certaine façon, coupée de moi-même. Qu'on m'a appris à intérioriser mes sentiments.

Et pour arriver à m'exprimer, m'affirmer, je dois faire un gros travail sur moi-même, qui prendra du temps, quelques mois, ou plutôt quelques années...

Pour commencer développer mon vocabulaire...

Mais ce livre est encore trop simple, il donne des pistes, mais il ne va pas aux bout des choses ; et j'ai besoin d'un ouvrage qui aille plus en profondeur...

 

Après avoir cherché un peu partout (forums, blogs...) et hésité sur le choix, j'ai finis par trancher, et j'ai commencé la lecture d'un livre un peu plus concret... et aussi plus difficile dans sa mise en œuvre car il demande un travail sur soi beaucoup plus en profondeur... mais en même temps, c'est un livre qui reste accessible, car bien rédigé et compréhensible...

Je ne l'ai pas terminé au moment j'écris, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain article. En attendant, je vous donne son titre : "Les mots sont fenêtres, ou bien ce sont des murs. Introduction à la communication non-violente", de Marshall B. Rosenberg.

 

 

 

 

 

 

 

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2011-10-20T13:05:00+02:00

Méchanceté ou plutôt sincérité ?

Publié par TimTad

Bonjour,

 

La semaine dernière, un soir, mon fils Timéo m’avait très énervée.

 

Toute la journée, il avait testé mes limites, et lors du rituel du soir, il faisait encore trainer les choses en longueur…

 

La plupart du temps, c’est lui choisit tout : qui lui lit une histoire, puis qui l’accompagne aux toilettes, et dans la salle de bain, qui lui chante une(des) chanson(s) avant de le mettre au lit…

 

Ce soir-là, il voulait lire plus longtemps, puis encore lire sur le pot (!) avant de mettre sa couche pour dormir, et dans la salle de bain, il ne voulait pas me rendre sa brosse à dent !

 

Alors, je lui ai dit : « Timéo, j’en ai marre, ce soir, je ne te chanterai pas des chansons, ce sera papa. »

Il m’a dit avec des yeux larmoyant : « Maman chanson, maman Didou ! » [Didou est le titre d’une chanson].

Moi : « Non, je n’ai pas envie. Demain oui, mais pas ce soir. »

Il a commencé à pleurer en allant dans le salon rejoindre son père et ma mère, tout en criant « Maman Didou maman Didouuuu».

J’ai expliqué ce qui s’était passé, et ma mère a dit « Oh, c’est méchant ! ».

Mon mari a pris mon fils dans les bras, et puis j’ai embrassé Timéo en lui souhaite « Bonne nuit.»

C’est donc son papa qui lui a chanté des chansons, une fois que notre petit garçon s’était calmé.

 

 

Le lendemain soir, en prévention, j’ai émis un message-je en embrayant avec  de l’écoute active : « Timéo, si tu traines, je vais m’énerver et j’en aurai marre et je n’aurai plus envie de chanter des chansons, comme hier, tu te souviens, tu étais déçu, triste, et tu as pleuré. Tu voulais que ce soit moi qui chante Didou et pas Papa. Alors, tu veux bien venir te brosser les dents ? ».  Le reste du rituel s’est bien passé, et j’étais ravie de lui chanter pleins de chansons dans la joie et la bonne humeur.

J’ai utilisé des messages-je car le problème m’appartenait, et j’ai utilisé l’écoute active le lendemain soir, lors du rituel, en lui rappelant ce qui s’était passé la veille, pour qu'il sache que je l'avais compris, et pour lui laisser la possibilité de modifier, de son propre choix, son comportement d'une façon qui me serait acceptable, sans le punir ou lui promettre une récompense, sans lui donner un ordre ou le menacer. C'est ça, pour moi, l'autodisciple.

 

Ce fameux soir, le comportement de mon fils m’était inacceptable.

Je ne crois pas avoir été « méchante », mais sincère, vraie, et humaine.

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2011-10-19T13:46:00+02:00

Le rituel du matin, il profite ou pas ?

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Aujourd'hui je vais répondre à ce message :

 

"Bonjour,
Ton site est super intéressant, merci de partager tes expériences.
Dans tes exemples, c'est surtout par rapport à ton fils qui commence à parler. Comment faire quand le bout de choux n'a que 14 mois et ne sait pas encore parler.
De même, pour descendre des escaliers après le bain, quand il était fatigué. N'y a-t-il pas de risques qu'il profite toujours de 'je suis fatigué, porte moi moi' ou 'papa, viens me porter' pour ne pas descendre les escalier et se laisser porter!
Ce sont juste des questions!

Merci et bonne continuation.

Emmanuelle"

 

Bonjour Emmanuelle,

Merci de trouver mon site intéressant :)

Pour comprendre et communiquer avec ton bébé qui ne parle encore, il faut "jouer aux devinettes", et lui proposer des solutions jusqu'à que le bébé ait l'air content !
Il faut du temps, de la patience... Et un minimum de connaissance des vrais besoins des bébés.
Tu peux aussi "signer" avec ton bébé, pour qu'il fasse "oui" ou "non" de la tête... Mais attention, il ne faut plus signer après 18/20 mois, car au-delà, l'enfant est capable physiquement de commencer à parler... il risque de vouloir encore "signer" et ne pas vouloir parler, mais c'est normal, c'est un petit d'homme qui préférera souvent la facilité :)

Pour le reste, garde à l'esprit d'être sincère, d'être toi, humaine, avec tes humeurs et tes envies changeantes.

Quand mon fils veut que je le porte, ou son père, et que je suis fatiguée, je lui dis "non, je n'ai pas envie" ou "je suis occupée" quitte à le répéter 5 ou 10 fois de suite !

Une clé d'une bonne relation, c'est la communication, et la compréhension.
Pour un tout-petit, il faut tout dire, tout décrire, comme si tu te justifiais tout le temps, car il ne peut pas comprendre les sous-entendus et les non-dits.
("Ne m'éclabousse pas dans la bain, je n'aime pas être mouillée quand je suis habillée ! Et puis, je n'ai pas envie de tout essuyer après, je n'aime pas le ménage ! Je préfère jouer ")

La "méthode Gordon", c'est la satisfaction mutuelle des besoins. Celle de ton bébé, mais aussi les tiennes.
Si à chaque fois qu'il est fatigué, il te demande de le porter, c'est une bonne chose, car il communique.
Si toi ou son père êtes toujours disponibles pour le porter, tant mieux. Mais si vous êtes occupés tous les deux, vous le lui dites.
Je suis contente d'entendre mon fils dire "pas content" quand je ne réponds pas favorablement à sa demande, car on communique, on se comprend. Après il passe à autre chose.

Je vais t'écrire un exemple récent, et quotidien...

Le rituel du matin.

Quand mon fils se lève, il veut :
1 qu'on lui enlève sa couche,
2 qu'on lui mette sa couverture sur les jambes (il s'assoit sur le canapé),
3 qu'on lui réchauffe son lait...
Toujours dans cet ordre, et vite en plus !
Quand tout ne se passe pas comme il veut, exactement comme il veut, c'est la crise (les cris, les pleurs...)
et après il faut seulement le calmer pour reprendre le rituel !
Mais c'est normal, un rituel pour un tout-petit c'est sacré et le chambouler, c'est comme si nous, adulte, on se lève, et qu'on trouve les verres à la place des assiettes et le canapé dans la cuisine ! Y'a de quoi être perturbé...

Enfin bref,
Quand son père est là, il veut absolument que le "on", ce soit "papa", moi j'ai droit à un "non maman !" et une crise si j'insiste... sauf quand son père n'est pas là.
Si sa mamie est là, pareil, il veut que ce soit "mamie" ! Moi c'est par défaut !

Une fois, il s'est levé un peu plus tard que d'habitude.
J'étais en train de donner le sein à son frère, et son père était déjà parti.
Il s'est assis tranquillement et a dit "maman cupé"
Je lui ai dis "je ne comprends pas", et lui "maman lait Tado papa parti"
J'ai compris qu'il disait "maman est occupée à donner le lait à mon frère Tadéo, et papa est parti, alors j'attends"
Et dès que son frère a terminé, il a dit "ah voilà !" et exigé : "maman donne-moi mon lait !" 

Quand son père est là et qu'il ne lui donne pas rapidement son lait, c'est la bagarre !
Parfois, le week-end son père n'est pas encore levé, alors il dit "papa dodo encore, maman lait !"
Mais dès qu'il entend son père se lever, il dit "non maman !" et il peut attendre 10 minutes que son père sorte des toilettes pour que ce soit lui qui lui donne.. alors que son lait est là, sur la table, déjà réchauffé !

De plus, mon fils a un petit jeu uniquement avec son père : il se plaint que son lait n'est pas assez chaud... et mon mari s'arrête à nouveau de prendre son propre petit-déjeuner pour lui réchauffer encore un peu son lait... parfois une fois, puis deux, l'heure tourne et mon mari commence à s'énerver...
Après, c'est une histoire entre eux, c'est leur relation, alors je ne m'en mêle pas, mais je rigole bien, car je trouve que mon fils profite bien de son père !

Je crois que les bébés, les personnes, essaient toujours de profiter des autres... c'est humain,normal et ça ne me gène pas.
Je pense qu'il faut garder en tête les rectangles de nos zones d'acceptation, la base de la "méthode" Gordon... et ne pas accepter l'inacceptable... et bien expliquer pourquoi à un tout-petit... :)

J'espère avoir répondu à tes questions :)
N'hésite pas si tu en as d'autres :)

Bonne continuation

Timtad

P.S. : merci pour ton message, ça me redonne l'envie de continuer à écrire sur mon blog...

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