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methode gordon

2013-01-29T20:40:00+01:00

"Du temps pour toi, maman"

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Ces derniers temps, je ne mets plus en colère, et à crier, mais je pleure…

Thomas GORDON nous dit que la colère est une émotion seconde, qu’on crée. Son exemple est un enfant perdu dans un magasin, sa mère lui crie dessus, le gronde pour qu'il ne recommence plus, mais d'abord, elle avait peur, elle était inquiète, et quand elle a retrouvé  son enfant, elle était soulagée de le retrouver. Ensuite, dans un second temps, elle s’est mit en colère contre lui.

 

Depuis mon stage de Communication NonViolente, je comprends mieux ce qui se passe en moi, et je me concentre sur moi. Mes émotions débordent, et je pleure !

Par exemple, face au désordre : il arrive fréquemment (c'est à dire 2 fois par semaine au moins) que les enfants se mettent à sortir tous les jouets sans les ranger au fur et à mesure. Dimanche dernier, Timéo a voulu me monter sa "montagne" dans la salle de jeux : il avait empilé beaucoup de jouets de la salle et aussi des jouets qui se rangent dans sa chambre ! Comme s'il n'y en avait pas assez dans la salle de jeux !!!

Il voyait une montagne… et je voyais le temps que j'allais passer à ranger, car je savais que lui n'ait pas capable de ranger quand il y a trop de choses de sortie...

J'ai ouvert de grands yeux, et la bouche aussi. Puis j'ai respiré un bout coup et j'ai soufflé bruyamment. Je suis entrée dans la pièce : c'était encore pire que ce je croyais. Je me suis assise par terre, et j'ai pleuré.

Timéo était un peu étonné, et je lui répondu que j'étais découragée de devoir encore ranger, que je venais juste de finir de ranger la cuisine, et que j'en avais marre, que j'avais besoin de me reposer, et ce n'était pas possible, car il y avait des jouets de petites tailles que je range en hauteur hors de la portée des petites mains des bébés (mais qui sont à la portée de Timéo qui a le droit de les prendre le soir)...

Bref, j'ai pleuré de découragement, de fatigue.

 

Mais mes pleurs sont différents : avant, je me coupais de moi-même, et quand je pleurais c'était quand je craquais. Je ne contrôlais pas, je détestais mes pleurs que je prenais pour de la faiblesse, et je m'en voulais de pleurer comme une gamine. J'essayais toujours de m'empêcher de pleurer. Et tout restait en moi, quelque part. Et j'étais tendue, crispée, je restais de mauvaise humeur un moment, fronçant les sourcils et soupirant bruyamment.

Aujourd'hui, c'est différent. Je pleure, mais je ne craque plus. C'est comme si je vidais mon vase au fur et à mesure. Avant, il débordait de partout, l'eau se répandait tout autour, incontrôlable, et au pire moment.

Maintenant, mes pleurs sont libérateurs, et je me sens tout de suite beaucoup mieux, je peux passer à autre chose (et puis je pleure une ou deux minutes maximum, pas comme avant…).

Je me sens plus légère, je me relie à moi-même ; je suis plus heureuse, plus vivante.

Je préfère pleurer de temps en temps !

 

Un autre exemple du changement en moi, et de mon comportement : un jour de la semaine dernière, mes fils étaient fatigués tous les deux, enfin c'est ce je croyais, alors je les ai couchés pour la sieste, et au bout d'un court moment, alors que je m’étais à peine installée pour me détendre : les voilà qui se relevaient, le sourire aux lèvres.

J’ai soupiré et je me suis lancée dans un monologue : "Quoi ? Vous ne dormez pas ? Vous n'êtes pas fatigués ? Mais moi j'ai besoin de me reposer ! Je pensais avoir un moment pour moi, tranquille, sur mon ordinateur, mais ce n'est pas possible, vous ne dormez pas, vous n'avez pas sommeil, je vais devoir m'occuper de vous, pff, j'en ai marre, j'ai besoin de me détendre. AH !"

Et voilà j'avais vidé mon sac.. Ca m’a fait du bien, et j’ai souris.

Et mes fils ? Dans des moments comme celui-là : ils me regardent, ils attendent en silence, et quand j'ai terminé, ils me demandent si c'est l'heure du goûter, ou ce qu'on va faire après... Ils ne me parlent de ce que je viens de dire, ils ne se justifient pas, ne se sentent pas coupable.

 

Pas coupable ? Vraiment ?

En fait, une petite voix en moi se pose la question, s'interroge : comment mes enfants interprètent cette nouvelle façon de communiquer avec eux... C'est devenu naturel pour moi de parler comme ça avec mes fils, mais pas avec mon mari ou d'autres personnes... C'est beaucoup plus simple avec les enfants...

Oui, mais quand même, j'avais hâte d'avoir un retour de leur part, parce que j’étais aussi un peu inquiète...

 

 

J'ai des retours de l'écoute active, quand j'entends mes fils parlais et qu'ils ont un problème.

Par exemple, quand Tadéo, 2 ans, pleure, et qu'il dit tout haut : "regarde ! je pleure moiii !" ou "je veux câlin, je suis triste".

Hier, dans un lieu d'accueil enfant parent, il a eu une grosse frustration à propos d'un jouet qu'il voulait, et qu'un autre petit garçon avait déjà. Une accueillante a voulu le prendre dans ses bras, il lui a répondu, en s’écartant, sans cesser de pleurer "non, je veux maman, c’est maman !". Et comme j'étais occupée à lire un livre avec un autre enfant, elle lui a proposé un autre jouet... Tadéo lui a répliqué : "laisse-moi tranquille ! Laisse-moi pleurer !"

Il a surpris tout le monde, moi y compris. L'autre accueillante a dit "au moins, ça a le mérite d'être clair !"

 

Dimanche matin, j'ai eu un retour des messages-je que j'emploie.

J'étais en train d'aider mon ainé, 3 ans et demi, à s'habiller, quand il m'a dit spontanément, d'un coup :

Timéo : "je vais prendre la voiture rouge, avec papa, et avec Tadéo, et toi, maman, tu vas rester à la maison, tu vas préparer le repas...’’

Moi : "Tu veux que je reste seule à la maison pendant que tu descends jouer en bas avec la voiture rouge avec ton frère et papa ?

Timéo : "oui, comme ça, tu auras du temps pour toi, maman."

J'étais surprise. Je l'ai pris dans mes bras, et je l'ai remercié. J’étais presque au bord des larmes, tellement j'étais touchée, émue...

 

C'est un très grand soulagement pour moi de constater que mes enfants comprennent que je cherche à satisfaire mes besoins, et les leurs, sur un pied d'égalité. Qu'il n'y a pas de gentil ou de méchant. Et que lorsque je me plains à la première personne, en prenant la responsabilité de ce que je ressens, ils savent que j'ai juste besoin de le dire tout haut, et qu'après, je vais tout de suite mieux. Que mes paroles ne sont pas dirigées contre eux, mais pour moi.

 

Je vais continuer sur ce chemin, le cœur plus léger et rassuré.

Dans 10 jours, je vais à la Rochelle faire le module 3 de la CNV, avec d'autres personnes que j'ai rencontrées lors du premier stage en novembre. Tout un week-end pour moi, en pratiquant la CNV... J'ai hâte !

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2013-01-23T11:49:00+01:00

Modifier l'environnement pour les tout-petits.

Publié par TimTad

Bonjour,

 

L'écoute active, le message-je et la résolution de conflit sont les techniques verbales de la méthode GORDON, mais jusqu'à présent je n'ai pas parlé de la technique non-verbale, qui résous pourtant beaucoup plus de conflits (que les techniques verbales), d'après mon expérience avec les tout-petits.

 

"Changer un comportement inacceptable en modifiant l'environnement" : tel est le titre du chapitre 8 du livre "Parents Efficaces", de Thomas GORDON.

 

Ce chapitre ne comporte que 8 pages, avec 7 "possibilités et quelques exemples.

 

Aujourd'hui, on pense à mettre un objet de valeur en hauteur, à fermer l'armoire à pharmacie à clé, interdire l'accès à des pièces dangereuses avec une barrière ou en la fermant à clé, ou on pense à donner un tabouret à un enfant pour qu'il puisse accéder au lavabo et se laver les mains...

 

Je trouve que ce chapitre est capitale, indispensable, et pourtant trop superficiel pour les tout-petits.

Pour améliorer les techniques de communications verbales, je me sers de la Communication Non-Violente de M. Rosenberg.

Pour modifier l'environnement au plus proche des besoins des tout-petits, la grande spécialiste est pour Maria MONTESSORI.

 

J'avais entendu parler de certains aspects positifs et un négatif, et vu un reportage sur une école montessori à la télé. Mais je ne voulais pas me faire une idée sur des interprétations, alors j'ai lu ses ouvrages : "L'enfant", "L'enfant dans sa famille", "L'esprit absorbant de l'enfant", et pour finir "Pédagogie scientifique tome1 :la maison des enfants" en cours de lecture.

 

Ma réaction : "Ouah !" Je suis impressionnée. J'ai passé 13 ans à observer les bébés et à modifier mon propre comportement. Tout ce qu'elle a écrit concernant ses observations sur les tout-petits, c'est simple, je suis d'accord à 200 %.

Je suis aussi pleine d'interrogation, par rapport à certaines de ses observations auxquelles je n'avais pas spécialement réfléchie...

 

J'avais entendu : "les enfants font ce qu'ils veulent". C'est faux. La pédagogie Montessori impose les limites de façon différente. Pour faire simple, les limites sont imposées quasiment de la même façon que la méthode Gordon, sans punition ni récompense, en tenant compte des besoins de tout le monde (ou presque).

 

Mais pour cela, il faut savoir quels sont besoins des uns et des autres.

 

Maria MONTESSORI a passé sa vie à observer les enfants, de la naissance à l'adolescence, et en modifier leur environnement (dans ses écoles) en fonction de ses observations. Elle s'est notamment intéressée aux besoins psychiques des enfants (en plus des besoins physiques).

 

"Aide-moi à faire seul", voilà comment est résumé sa pédagogie.

La période de crise et de caprice, vers 2/3 ans ? Elle n'existe pas. Pour Maria Montessori, l'individu part à la conquête de son indépendance. Il se libère du sein nourricier, puis il se libère de nous pour se déplacer en apprenant la marche, il se libère aussi de nous pour la communication et apprend à parler. Et ensuite, vers 2/3 ans, l’enfant continue à vouloir être indépendant, autonome, poussé par les forces de la Nature. Et si nous, adultes, nous nous y opposons (inconsciemment et avec les meilleurs volontés du monde), l'enfant ne se laissera pas faire, il réagira, et son comportement, son caractère, seront modifiés... Pour elle, tous les enfants partent de zéro à la naissance, elle voit les bons cotés comme naturel chez tous enfants, et affirme avec une grande certitude que tous les défauts de caractères disparaissent si nous fournissons un environnement adapté pour eux...

J'aime beaucoup cette vision très positive des enfants ^^ D’ailleurs, je vous ai déjà fait part de mon interrogation sur le besoin d’autonomie, et j’ai trouvé beaucoup de réponses dans ses livres. Par exemple, une fois, Tadéo s'y mis à hurler, d'un coup intensément, sans raison apparente quand je mettais la table : sachant qu'il est en période sensible de l'ordre, j'ai compris que je n'étais trompée en lui donnant le set de table de son frère au lieu du sien, alors, j'ai juste remis les sets de table en place, dans l'ordre, et ses cris ont cessé d'un coup... (vous avez vu Amélie Poulain ? La scène où elle change les choses de place d'un méchant voisin pour le punir de sa méchanceté en le rendant dingue ^^ )

 

Je vous en reparlerai plus en détails dans mes prochains post, parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses à dire.

 

Mais je suis tellement admirative de ses réflexions profondes sur la nature humaine, sur sa pédagogie respectueuse de chaque individu, à son rythme, que j'ai changé Timéo d'école la semaine dernière (une école s'est ouverte à deux pas de chez moi en septembre dernier !!). Son comportement a changé dès le premier jour... son humeur est si joyeuse, il a l'air tellement heureux !

Ca aussi, je vous le raconterais très prochainement dans un post.

Mon post est bref, mais je tenais à vous parler de cette grande dame qu'était Maria Montessori (et vous trouverez beaucoup de blog qui en parlent...)

 

J'ai aussi décidé de me former à la pédagogie Montessori, et je suis en train d'effectuer les démarches pour suivre une formation début mars... Encore une aventure à partager (^_^)

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2012-12-09T17:40:00+01:00

"veux des pâtes !"

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Ces derniers temps, quand mon mari ou moi demandons à Tadéo ce qu'il souhaite manger, il nous répond "des pâtes, veux des pâtes moi !"

Et quand il monte sur sa chaise, en chantant "à table, les grands et les petits", et qu'il constate qu'il n'y a pas de pâte, il se met à pleurer et à crier "non, veux pas !" et il pousse loin son assiette...

Autant dire que son nouveau régime alimentaire à base de pâtes et surtout "sans légume" inquiète son père... Ce dernier soupire, insiste pour qu'il mange un peu ses carottes avant de passer au dessert... et c'est la guerre des repas qui commence !

La dernière fois que nous avons fait de la soupe, Tadéo n'a pas voulu de son bol de soupe, en revanche, il a mangé la moitié de la soupe de mon bol... Une autre fois encore, je ne lui avais pas mit d'haricot vert dans son assiette, alors il s'amusait à les prendre de mon assiette...

Bon, si à chaque repas je dois ruser, je vais vite me lasser et m'énerver...

Mais personnellement, je ne suis pas inquiète pour la santé de mon cadet. J'ai vu son frère et les autres enfants que j'ai gardés avoir ce comportement, et puis ça leur est passé... au bout de quelques mois, voire une année ! Cette période coïncide avec l'arrivée de la terrible période d'opposition, ce qui explique en partie, je pense, sa longueur..


D'autre part, il y a un phénomène à cet âge qui s'appelle la "néophobie alimentaire", c’est-à-dire la peur des nouveaux aliments, qui commence doucement après les 18 mois, atteint un pic après les 2 ans, et redescend progressivement, et complètement vers 3 ans...

Pour illustrer cette période, je vais vous parler de deux enfants que j'ai accueillis.

Le premier, A, est arrivé à l'âge de deux ans, et il avait le même âge que Timéo. A cette époque, j'appliquais la règle "pas de dessert si on ne goute pas le contenu de son assiette". A ne mangeait rien. Le priver de dessert, le gronder, le sortir de table, ou insister en prenant la cuillère et l'approcher de sa bouche, j'ai aussi essayé l'écoute active et les messages-je ; rien n'y faisait ; A regardait mes fils manger, patiemment. Il venait 3 jours par semaine et il repartait avant l'heure du goûter, alors 3 repas sur la semaine n'était pas significatif et n'avait pas d'incidence sur sa santé/croissance. J'avoue que je pensais qu'il devait se jeter sur son biberon et ses biscuits quand sa mère venait le chercher, et que c'était la raison principale pour laquelle il ne mangeait pas le midi chez moi. Il faut dire aussi que c'était le premier enfant que j'ai gardé si peu d'heures par semaine... Et puis un jour, après plusieurs mois, il a commencé à goûter un peu, progressivement. Un an après, à 3 ans et demi, quand il vient à la maison, il mange presque de tout.

Le deuxième enfant, B, est arrivé chez moi à un an et demi, mais uniquement l'après-midi et sa mère me donnait son gouter. Et depuis septembre, je le garde 2/3 jours entiers. Et au premier repas du midi, même constat que pour A, il a regardé son assiette, incrédule. Sa mère me disait de ne pas m'inquiéter car il dévorait son repas du soir.

Et puis, je suis allée aux journées spirales "punir bébé". C'est là que j'appris précisément ce qu'est la néophobie alimentaire à cet âge. J'ai transmis l'information à sa mère, et elle a été d'accord pour me donner aussi le repas du midi de B, bien que ça ne l'arrange pas trop. Mais le résultat est là : son fils mange sa cuisine. D'ailleurs, si je fais une présentation spéciale (genre en forme de visage ou voiture, etc.) ou si je mélange, alors il ne mange pas. Et les 2/3 fois où elle ne m'a pas donné le repas de B, et où je lui ai servis la même chose que Tadéo et moi, il n'a rien mangé.

Je sais qu'il est en période de néophobie alimentaire : c'est un petit garçon de deux ans tout à fait normal !

J'ai repensé à ce qui s'était passé l'année dernière avec A, c'est pourquoi je tenais à partager cette information, à immortaliser ces deux exemples, pour que je n'oublie pas, avec les années...


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2012-11-30T13:26:00+01:00

Gordon vs Rosenberg : la demande (CNV partie 4)

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Pour moi, l'une des différences entre ce que propose Thomas GORDON, et Marshall ROSENBERG est la demande.

 

Pour commencer, je vous propose deux courts extraits pour illustrer cette différence (que j'avais cités dans cette page que je n'ai pas encore réécrite),

Ensuite, suite au stage de CNV auquel j'ai participé, je vous expliquerai ce que j'en pense aujourd'hui.

 


 

livre parents efficaces au quotidienExtrait du livre "Parents Efficaces au quotidien" de Thomas GORDON :

"Les solutions ingénieuses que trouvent les enfants.

Quand les parents émettent de bons messages "je" qui n'incluent pas de solutions (comme : "Tu dois faire ci", Pourquoi ne fais-tu pas ça ?") Cela permet aux jeunes d'imaginer leurs propres solutions pour aider leurs parents à résoudre leurs problèmes. Et ces solutions sont souvent surprenantes de créativité et d'ingéniosité. Souvent, les parents n'y auraient même pas songé.  Même des petits de deux ou trois ans sont capables d'inventer des solutions originales. [...] Si les enfants sont si créatifs pour trouver des solutions, c'est parce qu'ils éprouvent un réel besoin de faire ce qu'ils veulent faire. Nous pouvons presque voir leurs petites têtes en train de travailler à la recherche d'une solution qui tiendra compte des besoins des parents sans les bloquer pour autant dans leurs activités. [...] Cela mérite d'être répété : nous avons tendance à sous-estimer les aptitudes des enfants : il suffit de leur laisser l'occasion d'en faire usage !"


Livre mots fenetres mursExtrait du livre "Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs" de Marshall ROSENBERG

"La mère d'un adolescent pourrait s'exprimer ainsi : "Félix, quand je vois trois chaussettes sous la table du salon et deux autres sous la télé, je me sens de mauvaise humeur parce que j'ai besoin de plus d'ordre dans les pièces que nous partageons." Elle compléterait aussitôt en exprimant la quatrième composante, à savoir une demande précise et concrète : "tu veux bien ranger tes chaussettes ou les mettre aux sales ?" ce quatrième éléments indique précisément ce que l'on désire de la part de l'autre afin que notre vie soit plus agréable.[...]  Nous pouvons parfois formuler une demande claire sans la verbaliser. Supposez que vous soyez dans la cuisine, et que votre sœur, qui regarde la télévision au salon, dise à voix haute "j'ai soif". Dans ce cas, il peut être évident qu'elle vous demande de lui apporte un verre d'eau.  

Mais il arrive également que nous exprimions notre malaise et que nous pensions à tort que l'autre a compris notre demande implicite. Une femme pourrait par exemple dire à son mari :"je suis contrariées que tu aies oublié le beurre et les oignons que je t'ai demandé d'aller cherché pour le dîner." dans son esprit, il peut être évident qu'elle lui demande de retourner à l'épicerie, mais le mari peut penser qu'elle ne cherchait par ces paroles qu'à le culpabiliser."

__________ 

J'ai lu ces passages à voix haute à mon mari ; et dans cette situation, lui aussi aurait pensé à un reproche et non à une demande...


 

Alors voilà, la question que je me m'étais posée avant ce fameux stage était : vais-je formuler une demande ?

Ma réponse était non, ou alors, j'en proposerai plusieurs pour laisser le choix à mes enfants, pour les mêmes raisons que T. Gordon cité au-dessus. Dès mes premiers essais de cette méthode, j'ai été étonnée et émerveillée de constater que les enfants sont capables de trouver leurs solutions, si petits ; j'en ai témoigné dans mes premiers articles (il fait trop de bruit à table, et la suite), Timéo avait un peu plus d'un an et demi. Et maintenant que j'y pense, j'ai aussi plein d'exemples en tête de la part de mon cadet Tadéo, encore plus jeune, mais cela arrive tellement souvent qu'il trouve lui-aussi ses propres solutions que je n'y fais même plus attention !

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Aujourd'hui, j'ai un avis différent sur le quatrième élément de la composante CNV : la demande.

Cela vient de la définition même de la demande que je me faisais, de mon interprétation. Je pensais à une demande, dans le sens d'une question, du type : "pourquoi ne fais pas ça ?", dans le sens d'une solution.

______________________ 

Definition de la demande en CNV (ce que j'en ai retenue).

Pour commencer, une demande n'est pas une exigence.
C'est donc toujours une demande négociable.


Une demande a plus de chance d'être entendue, et donc notre(nos) besoin(s) satisfait(s), si elle est :

  • claire,
  • précise (dans le temps = avec une échéance pour les demandes d'actions),
  • réaliste et réalisable (= tenir compte de l'âge et des facultés de la personne en face...),
  • polie, authentique
  • en lien avec le besoin (dans le sens de la CNV)
  • formuler de façon positive

 

Il y deux types de demande: 

  • les demandes d'actions, par exemple d'aller sortir les poubelles, ranger les jouets...
  • les demandes de liens, de relation, et de connexion

C'est ce dernier type de demande auquel je ne pensais pas, et qui fait toute la différence.

Dans cette catégorie, il y a les demandes de contact (est-ce que tu as 5 minutes... ?), de reformulation ou "d'accusé reception" (Peux me dire ce que tu viens d'entendre, je veux être sûr de m'être exprimé clairement ?), d'expression (comment te sens-tu ? Qu'est-ce que ça te fait ? Qu'est ce que tu en penses ? As-tu envie de réagir ?)

Voici un petit shéma de CNV que est très clair pour moi, et qui illustre le rôle de la demande :  

 

OSBD.jpg

 La demande nous relie à l'autre. C'est une question, avec un point d'interrogation, même un petit bout de phase à la fin, comme "c'est ça ?", pour que l'autre sache qu'on attend un retour de sa part, une confirmation.

Vou voyez le signe de l'infini   ? Il représente le flux de la communication...

Si on dit simplement "tu es triste", la personne en face peut penser qu'on croit tout savoir d'elle, alors qu'elle n'est pas triste, et ne pas nous répondre... Alors que la même phrase "tu es triste ?", ou "tu te sens triste, c'est ça ?" montre à l'autre qu'on ne sait pas pour elle, et qu'on lui demande confirmation. De cette façon, on lui renvoie la balle, et le dialogue continue. Si on s'est trompé sur le sentiment de la personne, elle ne se fermera pas et nous le dira. On pourra alors lui faire d'autres propositions, sous forme de question, ce qui nous permettra de vraiment être en lien avec la personne en face, de vraiment la comprendre. 

Ainsi, il est moins difficile de trouver le besoin de l'autre [de pratiquer l'écoute active]. Ensuite, nous pouvons continuer : "voilà mes besoins, et voilà les tiens, essayons de trouver une stratégie qui satisfait ces besoins... est-tu d'accord ? As-tu une proposition ?"

__________________

La phrase que je dis le plus souvent à mes fils, c'est "Je veux ça, toi tu veux ça, alors, on fait quoi ?"

Le demande nous permet plus facilement, et plus naturellement, d'aborder la résolution de conflit.

Parfois Timéo me répond "bah, je ne sais pas ! C'est toi qui me le dis !" 

D'autres fois il a des idées. Parfois on cherche ensemble. Et parfois aussi, on ne trouve pas de solution. Dans ce dernier cas, aucun de nous deux "ne lâche son os", et on ne passe pas un bon moment. Mais c'est de moins en moins fréquent, car j'ai le soutien de mon précieux et merveilleux époux qui prend le relais, et je sors de chez moi me ressourcer. Ensuite, les idées fusent de part et d'autres : de mon fils, de ma part, mais aussi de la part de mon mari et parfois aussi de la part de mon cadet !


Pour conclure, il n'y a pas de différence entre la méthode Gordon et la CNV de Rosenberg, telle que je le pensais au sujet de la demande, c'était seulement mon interprétation qui en créait une.


Les deux méthodes se complètent, la première parle de la relation enfant-parent et de ses spécificités (le pouvoir de l'adulte sur le bébé, l'indépendance du bébé qui disparaît à mesure que l'enfant grandit et que le parent perd son pouvoir, etc...), la deuxième est axée sur le dialogue, on pèse chacun de nos mots, c'est un plus un savoir être qu'un savoir parler.

 


Je classe la méthode Gordon au niveau 2, et la CNV au niveau 3, par rapport aux remises en question, à l'implication personnelle, au temps de pratique, à l'accessibilité des livres.

Le niveau 1, pour moi, serait "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfant parlent". Le livre comportent de petits chapitres, des B.D., des fiches résumés, et proposent des petits changements applicables sans trop réfléchir. De plus, comme pour la méthode Gordon (ici) et la CNV (ici), des atelier de groupe sont proposés un peu partout (ici). 

 

 

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2012-11-26T14:35:00+01:00

Il me donne des coups de pieds et de poings

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Samedi dernier, nous sommes allées faire les courses en famille. J'avais longuement hésité à partir seule, car mes fils sont malades depuis une semaine, et en pleine convalescence. Mais devant l'insistance de Timéo, sa frustration et sa déception, nous avons décidé d'y aller ensemble.

Au biocoop, Timéo voulait se lever dans le caddie, mais pas rester assis, et en même temps, il ne voulait pas être debout à coté du chariot... Je lui ai fait plusieurs propositions, mais aucune ne lui convenait, et il a pleuré bruyamment une bonne partie du temps. J'ai regretté de l'avoir emmené, j'aurais aimé passer un moment calme, plus agréable...

Et au retour, cela a été pire.

Comme nous avions les bras chargés des sacs de courses, mon mari et moi avons demandé aux garçons de marcher les quelques mètres qui séparent la voiture de notre immeuble. Nous avons une place de parking dans une voie sans issue, tout au fond, à l’arrière du bâtiment.

Timéo a mis un pied sur la chaussée, et je lui ai demandé de rester sur le trottoir. Il a recommencé, et c'est son père qui lui a demandé à nouveau. Et Timéo a mis une troisième fois son pied sur la chaussée. Nous étions au milieu de l'impasse, qui donne sur une route secondaire un peu fréquentée. Pour les règles de sécurité, je suis intransigeante. J'agies, ensuite on parle.

Je me suis fâchée : j'ai crié, et puis je lui ai pris la main, de force, de façon à ce qu'il ne puisse pas me lâcher la main.

Il a hurlé, pleuré, mais je ne lui ai lâché la main qu'à l'intérieur de la cage d'escalier.

Il m'a hurlée dessus : "méchante ! Je vais te mettre dans pièce avec un loup qui fait très peur ! ahhh ! Méchante, t'es un loup !".

Et il m'a donné un coup de pied.

Il a essayé, j'ai esquivé, et je lui ai demandé de monter (nous habitons au premier étage sans ascenseur). Il a gravi une marche, en criant, et il s'est retourné pour essayer à nouveau de me faire mal avec un coup de pied.

Je lui ai demandé, à nouveau, de monter les escaliers, mais il refusait de bouger, sauf pour crier ou me donner un coup de pied.

Alors je l’ai soulevé avec ma main libre par dessous les aisselles, et je l'ai reposé devant notre palier. Ses cris ont redoublés. Nous sommes rentrés chez nous ; je l'ai un peu poussé. Une fois la porte fermée, il m'a foncé dessus, et il m'a donné des tapes avec sa main.

J'ai recommencé mon discours : "Arrête Timéo ! Ne me tape pas, les mains sont faites pour protéger, par pour frapper. Je ne veux pas te faire de mal, et je ne veux pas que tu m'en fasses. Tu le sais, dans cette maison, ton papa et moi avons choisis de ne pas taper ou donner de fessées. Mais tu peux crier, si tu veux."

Il a hurlé encore quelques minutes.

Une fois déchaussée, je l'ai regardé : il pleurait, mais son regard n'était plus agressif, plutôt perdu, désemparé. Alors je lui ai ouvert mes bras, et il s'y est blotti.

Cinq minutes après, il était calmé, et nous avons parlé de ce qu'il venait de se passer, dans les bras l'un de l'autre.

 

______________________

Quand je repense à cette scène, je suis étonnée de mon propre calme.

Il y a peu de temps, et même parfois encore, face à ce type de comportement, je n'aurais pas réagis comme ça. J'aurai plutôt répliqué : "Non, je ne suis pas méchante, c'est toi qui est méchant, c'est toi m'a tapé, c'est toi qui a commencé". Je l'aurais peut-être aussi tapé, non, plutôt bousculé, car ça fait des années que je ne donne plus de fessées, mais j'ai, j'avais quand même des pulsions, des envie de taper. Je devais faire un effort, un gros effort pour lutter contre mes pulsions violentes, respirer un grand coup, m'isoler un peu pour retrouver mon calme, me remémorer les belles théories éducatives non violentes, et réfléchir à comment gérer le conflit.

Il y a quelques années, je réfléchissais au conflit, à comment le gérer d'une façon différente. Quand j'ai commencé à écrire ce blog, j'entendais des phrases sortir de ma bouche que je trouvais étranges, bizarres, pas naturelles du tout.

Et aujourd'hui, c'est naturel. Bon, ce n'est pas naturel tout le temps, ni tous les jours. Mais dimanche dernier, ça l'était ; j'étais naturelle, j'ai agis sans réfléchir, sans faire d'effort particulier.

Quand je regarde tout le chemin que j'ai parcouru, et je suis confiante pour l'avenir.

En septembre dernier, lors des journées spirales "punir bébé", une femme avait pris la parole pour dire que c'est bien beau de pas donner de fessées, en théorie, mais qu'on n'est pas au pays des bisounours non plus. Sa déclaration avait fait réagir vivement la salle, beaucoup l'approuvait, d'autres n'étaient pas d'accord.

Je ne vis pas au pays des bisousours. Et pourtant, j'élève mes enfants sans fessée, sans punition, sans récompense, sans menace de punition, et tout en étant moi-même, sans chercher à être gentille, ni fausse (je ne fais pas front commun avec mon mari, et lui non plus, chacun s'exprime).

Et mes enfants vont bien.

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Voici une petite anecdote : une dispute entre mes deux fils, la semaine dernière dans la voiture. Timéo criait à son frère "méchant, méchant", et Tadéo lui répondait "non pas méchant, pas méchant". Timéo a continué de crier de plus belle, plus fort. Et Tadéo lui a alors répliqué de la même façon de son père la veille : "gentil Timéo, gentil Timéo". Le grand a observé le silence, et le plus petit a réaffirmé avec conviction : "gentil Timéo, gentil Timéo". Fin de la dispute.

La veille, ils pleuraient, criaient, hurlaient : "méchant" ; "non pas méchant" pendant 15 longues minutes à table, et le lendemain, Tadéo, 22 mois seulement, était déjà capable de reproduire la leçon de leur père.

Je suis fière de mes trois hommes.

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2012-11-07T14:15:00+01:00

Voilà le tabouret !

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Ce matin, j'avais 4 enfants, âgés de 9 mois, 21 mois (Tadéo), 25 mois et 3 ans (Timéo). J'étais fatiguée car j'ai veillé à 2h du matin sur mon aîné qui toussait beaucoup... Quant à mon cadet, il a la diarrhée, une qui déborde de partout...

J'avais appelé la docteure un peu avant, et j'étais en train de sortir les médicaments conseillés avant le RDV de demain soir... Et puis, le dernier à sortir n'était pas dans la pharmacie à portée de main, mais tout en haut !

J'ai soupiré et râlé oralement, mécontente du rangement et... Tadéo m'a coupée dans mes pensées négatives en demandant "bouret, maman ?" : il m'avait apporté un tabouret pour que je puisse atteindre la boite tout de suite !!! J'étais bluffée. En plus, c'était pile celui qu'il me fallait, du coup j'ai attrapé joyeusement ce que je cherchais, et il est allée de lui-même ranger le tabouret !

C'est incroyable qu'à son âge, il cherche des solutions à mes problèmes et surtout qu'il trouve une solution avant même que je songe à la chercher !!! Quand j'y pense, je n'en reviens toujours pas....

Bravo Tadéo ! Je suis fière de toi !

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2012-10-18T14:24:00+02:00

Les livres Gordon

Publié par TimTad

Bonjour,

Voici un article que j'ai écrit l'année dernière (et que j'ai oublié de publier !?!?) sur ma lecture de 5 livres de Thomas GORDON et traduit en français :

 

Livre Relations Efficaces

 

Publié en 2001 aux Etats-Unis sous le titre "Goog Relationships : What Makes Them, What Breaks Them", et en 2033 en français sous le titre "Relations Efficaces, comment construire et maintenir de bonnes relations" ce livre est l'un des derniers livres publiés par le Dr Thomas GORDON.

 

Après 30 ans a enseigner sa méthode aux parents, aux managers, aux enseignants... j'étais curieuse de lire ce livre, pour voir s'il avait apporter de modifications...

 

J'ai commencé par lire Parents Efficaces, et certains principes, certaines pratiques courantes qu'il décrit et explique m'avait fait réfléchir sur la façon dont j'avais été élevé, et la façon dont je voulais élever mes enfants...

Le tome 2, parents efficaces au quotidien, explique mieux, mais brievement la méthode, en revanche décrit comment se servir outils de communication pour faciliter la mise en pratique de la méthode... car entre la thérorie et la pratique, il y a tout un monde ! Et ce deuxième livre m'y avait aidé.

Ensuite, j'ai lu un troisième livre, "Eduquer sans punir, comment apprendre l'autodisciple aux enfants". La première moitié et partie du livre est très bien, et bien documenté (études, statistiques...). On y apprend ce qu'est l'autoriété, tous les mécanismes et les conséquences des autres méthodes (punitions, récompences, etc). La deuxième partie explique sa méthode, donc rien de nouveau pour moi (et j'ai étais déçu de lire les mêmes exemples que pour les précedents livres !) Dans ce livre, il parle de Linda Adams, et de ce qu'elle a apporté à sa méthode, notamment sur les messages-je.

J'ai continué ma lecture par "Femmes Efficaces, apprendre à être soi-même", de Linda Adams... son épouse ! J'ai hésité à lire ce livre... Est-ce que cela allait être un ènième livre de plus qui explique la même chose ? Mais j'étais intrigué, car, une femme a une vision différente... Alors je l'ai quand même lu. C'est un livre différent. Bon, c'est toujours la même méthode, les mêmes outils de communication hien. Il faut replacer le livre dans son contexte historique, les années 70. Les inégalités entre les sexes existent encore, mais beaucoup moins qu'à l'époque (on ne demande plus l'autorisation de son mari pour travailler ou dépenser de l'argent... en tout cas, en France). L'auteure parle plus de nos émotions, de ce qu'on ressent, du pourquoi on n'arrive pas s'exprimer avec un message-je... de comment se préparer, (se relaxer, répéter...) avant d'affronter quelqu'un, elle parle de l'anxiété... et rappelle de ne pas oublier de changer de position pour passer à l'écoute active... et de ne jamais voter, car il y a toujours un perdant dans les votes ! Elle propose de faire un cahier avec nos objectifs à court terme et à plus long terme... Voilà, j'ai bien aimé ce livre.

J'ai aussi lu "Relations Efficaces , comment construire et maintenir de bonnes relations". Après 30 ans à enseigner sa méthode aux parents, aux managers, aux enseignants, et ce dans des pays aux cultures très différentes... j'étais curieuse de lire ce livre écrit "après coup", pour voir s'il avait apporté des modifications... et bien non par grand chose ! Mais il détaille plus les difficultés de la pratique à la théorie, et explique sa méthode en suivant son crédo, de manière générale.

Voici un extrait :

"La relation qui met le plus notre patience à l'épreuve, qui exige le plus d'attention, de courage et de ténacité, est la relation parent-enfant. C'est la seule qui commence par la dépendance absolue pour s'achever par l'autonomie. J'ai souvent eu l'occasion d'affirmer que le meilleur des parents, c'était celui ou celle qui, dès que possible, devenait inutile à la réussite de la vie de l'enfant. Cette tâche qui consiste à élever un être, pour lui permettre d'atteindre fructueusement l'âge adulte, rend la relation unique en son genre."

Thomas GORDON.

 

 

Vous trouverez ici le diagramme de sa méthode de relation interpersonnelles, et d'autres renseignements sur l'auteur dans la bibliographie.

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2012-10-05T11:30:00+02:00

Les fois où je craque...

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Prendre soin de soi-même pour prendre soin des autres...tel aurait pu être aussi le titre de cet article.

Quand j'ai commencé à écrire ce blog, je me disais qu'il serait intéressant de partager aussi mes doutes, mes erreurs, et de voir l'évolution, petit à petit...
Et puis, finalement, je n'en ai pas écris beaucoup (voire pas du tout), en revanche, j'ai trouvé le temps de partager une partie de mes succès. Après tout, les échecs, vous savez ce que c'est... et les écrire, les avouer, est plus difficile. Mais en même temps, je ne voudrais pas que mon blog soit culpabilisant pour ceux et celles qui essaient et qui le lisent à un moment où ils/elles n'y arrivent pas.

Cependant, aujourd'hui je vais vous raconter comment ça se passe, quand je craque, quand je dérape et que je ne me contrôle plus. Ce qui intéressant, c'est que je pense aussi savoir pourquoi, et que je sais comment faire pour stopper le cercle qui commence et retrouver ma sérénité, mon calme, et réfléchir sur les conflits futurs en méthode non violente.

 

Alors voilà. C’était mercredi de la semaine dernière. J'étais fatiguée, j'avais passé une semaine éprouvante pour mes nerfs, mais j'avais tout géré... Sauf au moment du rangement. Tous les enfants que j'accueille étaient partis, et l'heure du rangement avait sonnée... Timéo avait sortis beaucoup de jouets et la maison "entière" était en désordre... Je lui ai demandé de ranger, il a refusé. Pire, il ressortait des jouets déjà rangés... J'étais furieuse... J'ai crié, j'ai hurlé... Il ne voulait toujours pas ranger, me disait que j’étais "méchante"... Alors, à un moment, je l'ai attrapé, je l'ai posé par terre, j'ai mis ses mains dans les miennes, et je l'ai forcé à ranger avec moi... Nous avons encore crié tous les deux, il a aussi pleuré... vous voyez très bien le tableau...

 

Alors voilà, ça m'arrive à moi aussi, de temps en temps. J'ose écrire aujourd'hui, j'ose vous avouer et reconnaitre que, parfois, je maltraite mon fils... ou les deux. Curieusement, j'éclate toujours en présence uniquement de mes propres enfants. Pourquoi ? Peut-être parce que les enfants sont "plus durs avec leurs mamans"... peut-être aussi parce que j'ai le droit. Et ça, ça craint... Même la fessée n'est pas interdite, alors crier, ou forcer à ranger, ce n'est pas si grave... Et bien, si c'est grave, pour moi. Mais s'il n'en est pas mort, il en a été malheureux... Et moi aussi... Je ne veux pas d'une relation comme ça avec mes enfants. Il est vrai que si le législateur l'interdisait, le condamnait, je ne verrai plus des parents taper leurs enfants dans les lieux publics ou à la télé, et ces images sortiraient de ma tête, et elles ressortiraient moins dans ces situations là...

Mais je ne blâme personne, et je m'éloigne de ce que je voulais dire en écrivant cet article.

Si je peux aujourd'hui vous en parler, c'est parce que je ne culpabilise plus. Du tout. Quand je craque comme précédemment, je prends ça comme un signal d'alarme qui dit : attention, prend soin de temps.... Réfléchis, qu’est-ce qui ne va… Ah, oui, en septembre, je n'ai pu retourner à la salle de sport, il va falloir que je revoie mon emploi du temps, pour trouver du temps pour moi. A la salle de sport, je défoule physiquement, et surtout, surtout, je suis seule, sans enfant, sans mari.

Justement, le lendemain, je suis allée en formation sur le thème de "punir bébé", et j'ai pu me ressourcer. J'en avais besoin. Mes enfants et mon mari ne m'ont pas manqué. Du tout. Deux jours, c'est court.
Car enfin, depuis très longtemps, je pouvais prendre le temps de ne rien faire, prendre le temps de m'ennuyer, sans être sollicitée par personne, ni distraite par le bruit de la télé. Enfin, j'ai pu me réveiller en douceur, sans entendre les cris des enfants...

Ah, ça m'a fait un bien fou. Je n’ai pas les mots pour vous dire à quel point ! Et vous savez quoi ? Je vais recommencer ! Je me suis inscrite à la formation CNV qui aura lieu les premiers jours de novembre à Bordeaux... Et ça dure 4 jours ! Bon, dommage, c'est trop près pour que je dorme à l'hôtel et que je coupe complètement du quotidien, mais je pense quand même que je vais pouvoir me ressourcer. J'ai hâte !

Il y a eu d'autres fois où j'ai craqué comme ça. Parfois j'en ai pleuré et je m'en voulais énormément. Mais aujourd'hui, je craque de moins en moins. Car quand ça arrive, le week-end, ou même parfois le jour même : je sors de chez moi, seule. Je laisse mes enfants à mon mari, et je pars. Faire une course, choisir un magasine dans la librairie du quartier, peu importe. Quand je craque, c'est presque toujours parce que j'ai besoin d'être seule. Je suis assistante maternelle, je travaille à la maison. Je n'ai pas de temps de trajet où on est seul avec soi-même. Non, je m'occupe des enfants dès le réveil, jusqu'au soir, et aussi la nuit. Et le week-end. Et les vacances ! Quand à mes soirées, elles sont consacrées à mon couple, qui heureusement va bien (merci à mon mari, pour tout).

 

Alors, cet article, je l'ai écrit pour toi, Biovalam, qui culpabilise un peu d'avoir une petite matinée seule pendant qua ta fille est chez sa nounou, à un moment où tu pourrais t'en occuper. Moi, j'ai plutôt envie de te féliciter d'avoir du temps pour toi, de prendre soin de toi, même au prix d'une culpabilité. Je me pense même : La chance ! ça me rappelle le temps ou j’avais tous mes vendredis matin, avant que je devienne maman… c’était le bon temps !

Cet article, il est aussi pour les mamans au foyer, toutes celles qui travaillent, et toutes les mamans qui n'ont pas de temps pour elles.

Si vous le pouvez, confiez votre enfant à une halte-garderie (elles ont été créées pour ça à l'origine), à une assmat, une nounou, à votre mère ou votre belle-mère... Ou au papa le week-end ! Quelques heures par semaine, toutes les semaines, nous suffisent à nous ressourcer. Même si la première fois, on en profite pas, on se demande si tout va bien pour la chair de notre chair, la fois suivante on est un peu plus rassurée, mais la troisième fois, on profite un max, sans plus penser à notre bébé, car enfin on pense à nous, et on se fait du bien. Enfin, on réalise à quel point ça nous manquait, du temps pour nous.

 

Je vous invite à écouter cette petite vidéo d'Isabelle Filliozat ici ou ici

 

En conclusion : prenez soin de vous-même pour pouvoir prendre soin des autres...

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2012-08-28T13:30:00+02:00

Le changement de couche, avec un bébé qui ne marche pas...

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Lors du changement de couche avec les tout-petits, nous rencontrons souvent un problème récurrent : nous essayons de les changer, et eux, ils ne tiennent pas en place et/ou hurlent !

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J'ai le souvenir du premier conflit que j'ai eu mon "grand", Timéo, alors qu'il n'avait que quelques semaines ! Au début, il s'agitait, puis c'est allé en crescendo très rapidement et il se mettait à pleurer avant même que je l'allonge sur la table à langer ! De son point de vue, c'est comme si j'allais le torturer !

J'ai demandé à mon mari s'il rencontrait le même problème. Sa réponse a été négative, et j'étais très surprise ! Ca fait 10 ans que, moi, je change les couches, et c'est avec moi que mon nourrisson a un problème ?!?!

Non, non, pas avec moi, personnellement, mais avec ma façon de faire... J'ai réfléchis, et j'ai questionné le papa : il se servait des lingettes, plus pratiques ; alors que je préférais utiliser du coton et un lait de toilette pour bébé, mieux pour ses fesses... Et si c'était le lait de toilette avec ses 97% d'origine naturelles, le problème ?

Au changement de couche suivant, j'ai juste pris Timéo dans mes bras, en silence (alors que d'habitude je lui disais en avance que j'allais le changer), et arrivé devant la table à langer, je sors les lingettes et le lait et je les montre à mon fils en lui disant :

moi : "Timéo, c'est le lait que qui te fait mal aux fesses ?"

Il grimace.

Je continue : "Regarde, je vais faire comme papa, je vais utiliser les lingettes... D'accord ?"

Ensuite, je l'ai posé sur le dos. Il a gémit, plus par habitude, pour le principe je pense, mais sans pleurer, et j'ai continué de le changer en décrivant tout haut ce que je faisais.

Lors du changement de couche suivant, mon petit bout n'a même pas rouspété ! Le moment du change est redevenu un temps d'échange et de plaisir.

Je ne sais pas exactement pourquoi il ne voulait pas du lait de toilette, je ne sais pas si ça lui faisait mal (ses fesses n'était pas rouges ni irritées...), peut-être qu'il n'aimait pas le contact... Mais je sais qu'il préférait les lingettes ! Et le conflit a été résolu. (moi aussi je préférais les pratiques lingettes, plus économiques que ce lait!)

 

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Voici une autre anecdote, quand Tadéo avait... je ne sais plus exactement, quand il marchait à 4 pattes, et il ne tenait pas en place, ni pour le change, ni pour que je lui mette ses chaussures, par exemple...

Dans ces moment-là, à cet âge, je sais qu'il comprenait mes messages-je du genre : "Je suis énervée quand tu bouges pendant que je te change, parce que je n'arrive pas à mettre ta couche", mais en passant en mode écoute active, ça devient : "Tadéo, je sais que tu me comprends, que tu ne cherches pas m'énerver, mais que tu n'arrives pas à t'empêcher de bouger... tu as besoin d'aide pour focaliser ton attention, tu t'ennuies..." Et ensuite, soit je chantais, soit je disais :"Oh écoute ! Tu entends ?" Et il s'arrêtait pour essayer d'écouter... pas longtemps, mais suffisamment pour que j'attache la couche... Parfois aussi, je sortais un jouet que j'avais caché avant exprès, pour l’effet nouveauté !

 

[[[ J'ai aussi essayé un messages-je du style "Tadéo, je suis inquiète quand tu gigotes sur la table, j'ai peur que tu tombes", mais ça ne marchait pas. Son grand frère, un peu plus de 2 ans à cet époque, me répondait : "tomber ? mal ! aie aie aie ! calin maman !" et je savais qu'il comprenait, parce qu'il arrivait à déduire la suite, la conséquence de "tomber". J'ai compris alors que Tadéo ne comprenait pas la totalité de mon message... De plus, il manquait un élément, l'effet tangible sur moi...]]]

 

 

_________________

Un court exemple qui date de cette semaine, où je vais "agir sur l'environnement" en changeant de stratégie :

Je demande à Tadéo (19 mois) de venir changer sa couche, et il me répond "ah non !" et il s'enfuit en courant dans l'autre sens !

Alors je change de tactique, et je lui demande : "Où sont les couches ? Où est la table à langer ?"

Il me répond "là là !" en y allant !

Et je continue : "Qui appuie sur le bouton de la lumière ? "

Lui :"moi ! moi !"

Moi : "Tu prends le tabouret ?"

Il le déplace et monte dessus. Je n'ai plus qu'à le prendre et le poser. Je n'ai pas couru après lui, et en plus, je ne me fais pas mal au dos à le soulever !

 

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2012-08-22T13:26:00+02:00

Vos témoignages

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Je vous propose, si vous le souhaitez, d'écrire vous aussi vos expériences sur ce blog.

 

Voici un premier témoignage :

 

Laissé par : biovalam le29/11/2011 à 09h27
  • Je tenais à te remercier car vendredi j'ai connu ma première victoire grâce à toi et à cet article...

    Pendant que je préparais le repas, ma plus grande avait pris tous les torchons de vaiselle pour emballer des jouest avec (elle faisait des cadeaux comme elle dit). Je n'aime pas qu'elle mette les torchons parterre car on a 1chien et je trouve pas ça hygiénique. Et bien pour la 1ère fois, au lieu de m'énerver et de lui reprendre les torchons. J'ai appliqué la méthode Gordon.

    Moi : "ecoute mon coeur, je n'aime pas quand les torchons sont parterre car après ils se salissent et je dois les laver et je n'aime pas faire des lessives. Tu veux bien les remettre en place ?" Elle : "Mais maman, je fais des cadeaux pour toi ..." Moi:"Ok, je comprends tu as envie d'emballer des cadeaux. Tu as idée de ce qu'on peut faire ?" Après quelques instants de reflexion; j'ai ajouté :"et si tu prenais du papier journal, pour emballer des cadeaux ?. Elle :"D'accord et je peux écrire les noms dessus?" (elle sais pas écrire mais elle a gribouillé avec un feutre sur le papier). Je suis très fière de moi car pour une fois cela n'a pas été la crise et tout le monde était content ! MERCI

 

 

 

A votre tour de laisser un commentaire (^_^)

 

A vos plumes !

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