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montessori

2013-04-12T15:40:00+02:00

l'école montessori : bilan 3 mois après

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Mon fils, Timéo, a fêté ses 3 ans le 8 juillet 2012. Et tout naturellement, son père et moi l'avons scolarisé à l'école publique du quartier...Enfin, pas tout à fait naturellement... nous habitions la région parisienne, et nous avions trouvé une école Montessori pas trop loin de là où nous habitions... Et puis l'opportunité d'une mutation professionnelle à Bordeaux s'est présentée, et mon mari et moi n'avons pas hésité à déménager, en juillet 2011. La seule école Montessori que nous avons trouvée était trop loin du lieu de travail de mon mari... Nous nous étions renseigné pour les écoles privées classiques, visité l'une d'elles, mais la pédagogie reste la même qu'une école traditionnelle, c'est pourquoi Timéo a été inscrit à l'école du quartier, accessible à 5 minutes à pied...

Après les premiers semaines d'adaptation (séparation avec moi, sa maman, et début de la collectivité...), il était content d'y aller, mettait ses chaussures seul, et marchait joyeusement jusqu'à l'école... Et puis, après la rentrée en novembre, progressivement, il ne voulait plus y aller... Je lui mettais ses chaussures, le mettais dans la poussette, le câlin du matin de séparation durait de plus en plus longtemps, plusieurs fois je l'ai laissé en pleurs... Et le soir, quand mon mari allait le chercher, il avait l'air de l'attendre, abattu... De retour à la maison, Timéo explosait : il criait, il se disputait avec son frère... Le dernier matin de décembre, il a pleuré tout le long du chemin pour ne pas y aller. Un entretien avec la maitresse et l'atsem ne nous a pas permis de comprendre la situation, mais de savoir que notre fils s'isolait seul dans la classe, et restait presque toujours à coté d'elles pendant les récréations... Une maman qui déposait son fils 20 minutes après moi le matin me disait qu'il avait toujours l'air triste, seul dans son coin...

De mon coté, j'ai mal vécu la situation... J'ai réfléchi à la solution de l'instruction à la maison... Et puis, en cherchant sur internet, mon mari a découvert que 2 écoles Montessori ont ouvertes les portes à Bordeaux en septembre 2012, l'une d'elles à 5 minutes en voiture de chez moi!

J'étais sous le choc. Si j'avais connu son existence, mon fils n'aurait pas fréquenté l'école classique et il ne souffrirait pas...

C'est ce que j'ai pensé, mais rien n'est moins sûr, je le sais bien. Même si le regard de l'éducateur Montessori sur l'enfant n'est pas le même qu'une maitresse d'école, cela reste des écoles d'humains, avec de vrais enfants, humains et imparfaits, et des éducateurs humains avec leurs faiblesses... Et puis, ce n'est pas une école que mes impôts financent, et donc je vais devoir payer une deuxième fois la scolarité de mes enfants dans une école hors contrat...

Je ne supportais pas de voir mon fils souffrir, j'ai contacté plusieurs fois la directrice de l'école Montessori, sans réponse au début, période des fêtes de fin d’année... Et début janvier, un rendez-vous est pris (enfin !), et toute la famille est allée visiter l'école. J'en avais parlé avec mon fils, et nous étions allées la voir de l'extérieur la semaine précédente...

La directrice m'a plu tout de suite. C'est aussi l'éducatrice des 3-6 ans, et je me voyais bien lui confier mon fils le matin...

Une fois rentré à la maison, mon mari et moi avons discuté, le fichier des comptes sous la main... Financièrement, payer l’école pour un cela allait, mais avec deux enfants, cela allait être serré…

Pendant ce temps-là, Timéo est allé une fois à l'école le premier lundi de janvier 2013, et puis il est resté à la maison car il avait la varicelle... Cela tombait très bien !

Une semaine a passé, le temps de réfléchir pendant que Timéo guérissait... Il est retourné à l'école du quartier un vendredi, et ce fut terrible pour moi : en une seule journée d'école, il avait repris ses "mauvaises habitudes" que j'avais combattu pendant les vacances (se faire pipi dessus quand il est contrarié, par exemple ! ou pire, s'auto punir en allant dans un coin...)

La décision fut prise, il ne remettrait plus les pieds dans cette école. Un coup de téléphone à la directrice de l'école Montessori, et Timéo a fait une deuxième rentrée scolaire le 21 janvier.

 

 

Le lundi matin suivant, Timéo et son père sont allés à l'école à 8h15, pour arriver avant les autres élèves, et que la salle se remplisse petit à petit... Timéo était joyeux d'y aller. En milieu de matinée, j'ai appelé mon mari pour lui demander des nouvelles, l'objectif était qu'il ne reste pas dans l'école après 9h pour ne pas perturber la classe... J'ai été surprise d'apprendre qu'à 8h45, c'est Timéo qui a demandé de son père de s'en aller ! Et le soir, quand il est rentrée, il était calme, a rejoint son frère et il a joué avec un jeu de construction, en chantonnant. Une fois couché, mon mari m'a fait remarquée que les deux frères ne s'étaient pas disputer ce soir-là... ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps ! J'étais soulagée et heureuse à la fois.

Les semaines ont passées. De temps en temps, mes fils se disputent, parfois je les entends alors qu'ils sont encore dans leurs lits au réveil ! Et puis ils ont aussi de très longs moments de complicité où ils jouent sans se disputer... En y regardant de plus près, c'est le comportement de Timéo qui a changé ; il cède à son frère... d'abord, il lui dit non, puis lui fait une proposition... Par exemple, quand il est revenu de l'école avec des chocolats de Pâques, il n'a pas voulu partager avec son frère, qui a pleuré. Ni moi ni son père ne l'avons obligé, c'est son droit, ses chocolats. Et le lendemain matin, Tadéo a demandé un chocolat a son frère. Il restait 2 œufs à Timéo, un grand et un petit. Il lui tend le petit. Tadéo refuse, il veut que son frère lui donne le gros. Alors le grand frère a repris le petit œuf et a donné le grand à son petit frère, puis ils les ont mangés ensemble... Et cela à un effet positif sur Tadéo, qui imite son grand frère, son idole… Je n'ai pas besoin de "faire la police" tout le temps, je les laisse se débrouiller, et j'interviens quand ils en viennent aux mains (ou aux coups pieds de Tadéo !)

Mi-février, je me suis disputée avec Timéo. Le ton est monté, nous criions l'un sur l'autre, pour une broutille... Il m'a dit "pardon maman, je t'ai demandé pardon, maintenant c'est à ton tour de me dire pardon !" Je n'en avais pas du tout envie, sur le moment, mais face à un petit garçon de 3 ans et demi, moi, l'adulte, j'ai serré les dents et lui ai dit "pardon"...

Les semaines ont continué de passer... Timéo nous raconte beaucoup de choses (untel qui boutonne son manteau, etc), même si nous ne comprenons pas toujours tout ! Mais il nous parle, contrairement à avant.

Le matin, il met ses chaussures seul, quand il est en forme ! Avant les vacances de mars, je le mettais dans la poussette de la voiture à l'école, et depuis le retour des vacances, lui et son petit frère marchent. Il a toujours besoin d'un câlin avec moi le matin. Le soir, quand son père va le chercher, Timéo n'est pas entrain d'attendre, mais de discuter tranquillement avec ses copains, et c'est mon mari qui attend que monsieur soit prêt !

Parlons un peu de la violence maintenant... car oui, nous pouvons en parler sans tabou. Il y en a, c'est une école avec de vrais enfants... Timéo me parle souvent "untel qui tape", toujours le même... Et puis un autre "untel" aussi, qui agrippe et qui tape... Avant, ce genre de violence était niée, ou plutôt étouffée, et mon enfant n'avait pas les mots pour le dire... Il s'enfermait dans le silence. Et maintenant, il m'en parle avec le sourire ! Juste avant les vacances, il est revenu avec une balafre à coté de sa lèvre de quelques millimètres... Je lui ai demandé ce qui s’était passé : "untel m'a attrapé comme ça" et il a attrapé sa joue avec sa main, un peu comme les mamies qui tirent les joues des enfants... J'ouvre grands mes yeux de surprise, et il rigole ! "Ah bon ? Il a fait ça ?" lui-je ai interrogé... "oui oui" m'a t-il répondu, en continuant de prendre son gouter, pétillant de joie ! Je n'en revenais pas, de sa réaction. Je continue de le questionner, sur la réaction des adultes... Il imite alors l'assistante de l'éducatrice, essayant de ne pas criant tout en disant "ahhhh"... Nous avons beaucoup ris ! Je n'ai pas lâché, j'ai voulu savoir ce qui s'était passé pour l'enfant qui l'a agrippé avec son pouce et un ongle sans doute mal coupé pour avoir fait saigner ainsi Timéo... Il m'a raconté qu'il a dû rester à coté de l'assistante un moment... avec un autre enfant, celui qui tape, "mais qui ne tape plus tous les jours", m'apprend-il !

Je suis très satisfaite, et soulagée, de la façon dont se déroule la classe, et la gestion des conflits entre enfants, du fait que mon fils a les mots pour me raconter ce qui ce passe la journée, et qu'il n'y ait pas de punition, en théorie et aussi en vrai.

Le samedi dernier, j'avais rendez vous avec l'éducatrice de Timéo. Elle reçoit les parents tous les trimestres, individuellement. Elle a un dossier sur mon fils, avec ses observations. Elle m'a dit quels sont les matériels qui ont été présentés à Timéo, ce qu'il fait dans la journée, les jeux de langage, etc. Elle m'apprend qu'au début, mon fils regardait mais qu'il n'allait pas vers les activités, qu'il préférait regardait les autres, ou jouait avec la ferme... Et que depuis le retour des vacances, il commence à aller vers les activités... il n'est pas encore autonome dans son choix, et il a besoin d'avoir un adulte présent près de lui... Il commence à s'occuper avec les autres enfants, mais toujours avec un adulte pas loin... comme c'est le cas avec les enfants plus jeunes, ou qui ont besoin d’être sécurisé... Il a donc un peu progressé socialement, il continue à son rythme...
Elle ne parle pas d'enfant qui tape, mais d'un enfant qui a un trop plein d'émotion qu'il doit apprendre à exprimer autrement... ou qui a un mode communication qui n’est pas acceptable pour le moment et qui doit apprendre à communiquer autrement. Quand un incident se passe, elle en discute avec tous les enfants, leurs proposant des jeux de rôles pour faire différemment, et demande aussi aux autres enfants d'intervenir en cas de problème, car c'est le problème de tout le monde, et pas que des adultes, et que l'école une mini-société où l'on apprend à vivre tous ensemble...

Elle m'apprend aussi qu'à la rentrée prochaine, il y aura un adulte de plus, qui parlera anglais pour proposer un environnement bilingue à l'école, et une autre adulte qui s'occupera des plus petits qui auront le même âge que Tadéo (presque 3 ans) dans le grand groupe des 3-6 ans ; deux très bonnes nouvelles, mais qui ont pour conséquence l'augmentation du prix de l'école...

Mes enfants resteront dans cette école le plus longtemps possible, financièrement parlant, et tant que leur père et moi seront tous les deux d'accord... peut-être jusqu'à leur 12 ans ? Et après, peut-être qu'ils pourront aller dans un collège internat montessori, je sais qu'il y a 5/6 projets en cours en France, alors d'ici qu'ils grandissent, ce sera peut-être possible ?

La prochaine étape, c'est la rentrée de Tadéo... mais c'est une autre histoire qui n'est pas encore écrite...

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2013-03-12T19:00:00+01:00

Lâcher le rapport de force.

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Cette semaine je suis en formation Montessori, 5 jours pour une introduction aux 0-3 ans.

Nous avons parlé des périodes sensibles (définition, fonctions, caractéristiques)

 

Pour résumer très brièvement, une période sensible est force intérieure, qui va permettre à l'enfant d'acquérir une caractéristique de notre espèce (le langage, la marche, etc.), et SANS EFFORT, facilement, naturellement (plus tard, il est toujours possible d'apprendre, mais cela va demander des efforts).

MM décrit 5 périodes sensibles (PS) pour les 0-3 ans (l'ordre, le mouvement, le langage, le développement sensoriel, le développement social). Les PS sont universelles et intemporelles, limitées dans le temps (le temps nécessaire à l'acquisition d'une caractéristique), et irréversibles (elles ne reviennent plus).

Pour MM, si l'environnement tient compte de toutes les PP, il va nourrir les besoins vitaux des enfants, et ces derniers pourront se développer de façon autonome.

Un enfant ne fait pas de caprice (dans le sens : quand il pleure parce qu'il n'a pas son bol habituel qui est sale et qu'on lui en propose un autre qu'il refuse ; et pas dans le sens de l'enfant qui veut une barre de chocolat à la caisse !). Un enfant ne pleure pas pour nous embêter, mais parce qu'un besoin VITAL n'est pas satisfait. Remédiez à la situation, et il se calmera, car son besoin sera nourri.

 

Nous avons parlé en détails de chaque période sensible, et surtout de leur fonction (encore très méconnus du grand public), tout en sachant qu'elles sont toutes liées entre-elles (le langage qui permet la sociabilisation par exemple (je vous les décrirais à ma façon si vous le souhaitez, mais c'est quelque choses que vous pouvez trouver sur le net, par exemple ici).

 

Nous avons parlé de ce qu'une stagiaire a nommé « l'éducation silencieuse ». C'est à dire par l’exemple. L'adulte doit être porteur des valeurs qu'il veut transmettre (par exemple pour la politesse), car l’enfant fait ce que nous faisons, et pas ce que nous disons (en cas de non-cohérence). Et qu'il ne faut jamais forcer un enfant à faire quelque chose. Et en même temps, nous dit la formatrice, "quand on demande quelque chose à un enfant, il faut s'y tenir, et que la chose demandée soit faite". (Elle nous explique que si non, notre parole n'a pas de valeur.)

 

Ah ? tiens donc ! Et comment ? Je lui ai posé pleins de questions, et mon impression est que la formatrice a beaucoup d'expérience. [et en plus, elle est en cours de formation pour être formatrice pour les éducateurs montessori 0-3 ans, donc elle fait beaucoup de stage en ce moment dans les nido (3 mois à la marche assurée) et les communautés infantiles (15/18 mois à 3 ans) du monde entier…]

 

Voici ses réponses, voilà comment cela se passe dans les structures (on parle d’un enfant de +2 ans) :

"Quand on se retrouve face à un enfant qui dit "non" quand on lui demande de ranger (elle imite un enfant, debout, qui croise ses jambes, et regarde en l'air pour signifier clairement qu'il ne rangera pas), on lui propose de ranger avec lui, ou de ranger plus tard, et on n'entre surtout pas dans le rapport de force. On va faire un tour, pour lui laisser le temps de ranger, sans pression, sans être derrière lui… souvent, il rangera."

"Et si ce n'est toujours pas rangé ?"

"Si on sent que ça monte (la tension, l'énervement), ça arrive parfois qu'on a du mal avec certains enfants, alors on passe le relais à une collègue, à qui on explique la situation, et elle va aller voir l’enfant pour lui demander de ranger, et souvent cela va mieux avec une autre personne."

Je suis d'accord, je passe le relais à mon mari, et quasiment à chaque fois ça passe mieux, mais pas à chaque fois... Et il n'est pas toujours là.

"Et si on ne peut pas passer le relais ?"

Elle me regarde et réfléchit. Elle sait que je suis seule chez moi, en tant qu’assistante maternelle, contrairement aux structures collectives, mais elle me répond quand même :

"On va faire un tour, on sort prendre l’air pour se calmer ! ... On peut aussi lui proposer de demander de l'aide à un copain".

J'ai déjà essayé, parfois ça marche très bien à certains moments, mais parfois j'entends son frère refuser oralement avant même qu'il lui demande...

"Et si ça ne marche pas non plus ? ".

Elle réfléchit quelques secondes, et me répond : "On peut ranger en disant à l'enfant qu'on lui rend ce petit service aujourd'hui. Et peut-être que le lendemain, il voudra nous rendre un petit service à son tour... Mais on ne lui rappelle pas le service qu'on lui a rendu la veille, on ne tient pas de compte ! Ce qui est important, c'est de lâcher le rapport de force, et ne pas obliger l'enfant qui ne veut pas ranger ce jour-là".

 

Je suis assez d'accord avec elle. Il vaut mieux ranger (faire soi-même ce qu'on a demandé) plutôt que d’entrer dans un rapport de force, qui conduit à la violence. Cela rejoint ce qu'on disait juste avant sur l'éducation silencieuse.

 

Je vous ai dit que j'avais changé Timéo d'école mi-janvier, pour l'inscrire dans une école montessori qui a ouvert ses portes en septembre 2012 ? L'école est jeune, et l'ambiance n'est pas encore à 100% montessorienne, car il faut du temps pour que les enfants changent petits à petits (il y en a qui tapent encore par exemple).

Quelques semaines après sa deuxième rentrée scolaire, lors d'une dispute entre lui et moi, il m'a dit "pardon maman, je t'ai pardon, maintenant c'est à toi de me dire pardon !"

J'étais sans voix. Je n'avais pas envie de lui dire pardon, et je me suis demandée qui a 3 ans et qui est la mère !!!! J’ai levé les yeux, et j’ai vu mon affiche CNV sur l’échelle des comportements, dans la relation avec l'autre (faire céder ou faire s’aider… je le scannerai quand je rentrerai chez moi et je vous le proposerai, si j’ai le droit !) J’ai respiré un bon coup, et je lui ai demandé pardon...

Je suis sûre d'une chose : ce n'est pas moi qui lui ai appris ça (ni l'école publique).

Comme me l'a dit une amie : "la gestion des conflits n'est clairement pas la même dans une école montessori que dans une école classique".

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2013-03-06T13:22:00+01:00

montessori

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Je vais suivre une formation montessori.

Je partagerai cette expérience sur un nouveau blog : bebemontessori .

Je continuerai de partager sur ce blog aussi ^^

 

A bientôt

 

Timtad

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