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2012-11-30T13:26:00+01:00

Gordon vs Rosenberg : la demande (CNV partie 4)

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Pour moi, l'une des différences entre ce que propose Thomas GORDON, et Marshall ROSENBERG est la demande.

 

Pour commencer, je vous propose deux courts extraits pour illustrer cette différence (que j'avais cités dans cette page que je n'ai pas encore réécrite),

Ensuite, suite au stage de CNV auquel j'ai participé, je vous expliquerai ce que j'en pense aujourd'hui.

 


 

livre parents efficaces au quotidienExtrait du livre "Parents Efficaces au quotidien" de Thomas GORDON :

"Les solutions ingénieuses que trouvent les enfants.

Quand les parents émettent de bons messages "je" qui n'incluent pas de solutions (comme : "Tu dois faire ci", Pourquoi ne fais-tu pas ça ?") Cela permet aux jeunes d'imaginer leurs propres solutions pour aider leurs parents à résoudre leurs problèmes. Et ces solutions sont souvent surprenantes de créativité et d'ingéniosité. Souvent, les parents n'y auraient même pas songé.  Même des petits de deux ou trois ans sont capables d'inventer des solutions originales. [...] Si les enfants sont si créatifs pour trouver des solutions, c'est parce qu'ils éprouvent un réel besoin de faire ce qu'ils veulent faire. Nous pouvons presque voir leurs petites têtes en train de travailler à la recherche d'une solution qui tiendra compte des besoins des parents sans les bloquer pour autant dans leurs activités. [...] Cela mérite d'être répété : nous avons tendance à sous-estimer les aptitudes des enfants : il suffit de leur laisser l'occasion d'en faire usage !"


Livre mots fenetres mursExtrait du livre "Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs" de Marshall ROSENBERG

"La mère d'un adolescent pourrait s'exprimer ainsi : "Félix, quand je vois trois chaussettes sous la table du salon et deux autres sous la télé, je me sens de mauvaise humeur parce que j'ai besoin de plus d'ordre dans les pièces que nous partageons." Elle compléterait aussitôt en exprimant la quatrième composante, à savoir une demande précise et concrète : "tu veux bien ranger tes chaussettes ou les mettre aux sales ?" ce quatrième éléments indique précisément ce que l'on désire de la part de l'autre afin que notre vie soit plus agréable.[...]  Nous pouvons parfois formuler une demande claire sans la verbaliser. Supposez que vous soyez dans la cuisine, et que votre sœur, qui regarde la télévision au salon, dise à voix haute "j'ai soif". Dans ce cas, il peut être évident qu'elle vous demande de lui apporte un verre d'eau.  

Mais il arrive également que nous exprimions notre malaise et que nous pensions à tort que l'autre a compris notre demande implicite. Une femme pourrait par exemple dire à son mari :"je suis contrariées que tu aies oublié le beurre et les oignons que je t'ai demandé d'aller cherché pour le dîner." dans son esprit, il peut être évident qu'elle lui demande de retourner à l'épicerie, mais le mari peut penser qu'elle ne cherchait par ces paroles qu'à le culpabiliser."

__________ 

J'ai lu ces passages à voix haute à mon mari ; et dans cette situation, lui aussi aurait pensé à un reproche et non à une demande...


 

Alors voilà, la question que je me m'étais posée avant ce fameux stage était : vais-je formuler une demande ?

Ma réponse était non, ou alors, j'en proposerai plusieurs pour laisser le choix à mes enfants, pour les mêmes raisons que T. Gordon cité au-dessus. Dès mes premiers essais de cette méthode, j'ai été étonnée et émerveillée de constater que les enfants sont capables de trouver leurs solutions, si petits ; j'en ai témoigné dans mes premiers articles (il fait trop de bruit à table, et la suite), Timéo avait un peu plus d'un an et demi. Et maintenant que j'y pense, j'ai aussi plein d'exemples en tête de la part de mon cadet Tadéo, encore plus jeune, mais cela arrive tellement souvent qu'il trouve lui-aussi ses propres solutions que je n'y fais même plus attention !

  ____________________

Aujourd'hui, j'ai un avis différent sur le quatrième élément de la composante CNV : la demande.

Cela vient de la définition même de la demande que je me faisais, de mon interprétation. Je pensais à une demande, dans le sens d'une question, du type : "pourquoi ne fais pas ça ?", dans le sens d'une solution.

______________________ 

Definition de la demande en CNV (ce que j'en ai retenue).

Pour commencer, une demande n'est pas une exigence.
C'est donc toujours une demande négociable.


Une demande a plus de chance d'être entendue, et donc notre(nos) besoin(s) satisfait(s), si elle est :

  • claire,
  • précise (dans le temps = avec une échéance pour les demandes d'actions),
  • réaliste et réalisable (= tenir compte de l'âge et des facultés de la personne en face...),
  • polie, authentique
  • en lien avec le besoin (dans le sens de la CNV)
  • formuler de façon positive

 

Il y deux types de demande: 

  • les demandes d'actions, par exemple d'aller sortir les poubelles, ranger les jouets...
  • les demandes de liens, de relation, et de connexion

C'est ce dernier type de demande auquel je ne pensais pas, et qui fait toute la différence.

Dans cette catégorie, il y a les demandes de contact (est-ce que tu as 5 minutes... ?), de reformulation ou "d'accusé reception" (Peux me dire ce que tu viens d'entendre, je veux être sûr de m'être exprimé clairement ?), d'expression (comment te sens-tu ? Qu'est-ce que ça te fait ? Qu'est ce que tu en penses ? As-tu envie de réagir ?)

Voici un petit shéma de CNV que est très clair pour moi, et qui illustre le rôle de la demande :  

 

OSBD.jpg

 La demande nous relie à l'autre. C'est une question, avec un point d'interrogation, même un petit bout de phase à la fin, comme "c'est ça ?", pour que l'autre sache qu'on attend un retour de sa part, une confirmation.

Vou voyez le signe de l'infini   ? Il représente le flux de la communication...

Si on dit simplement "tu es triste", la personne en face peut penser qu'on croit tout savoir d'elle, alors qu'elle n'est pas triste, et ne pas nous répondre... Alors que la même phrase "tu es triste ?", ou "tu te sens triste, c'est ça ?" montre à l'autre qu'on ne sait pas pour elle, et qu'on lui demande confirmation. De cette façon, on lui renvoie la balle, et le dialogue continue. Si on s'est trompé sur le sentiment de la personne, elle ne se fermera pas et nous le dira. On pourra alors lui faire d'autres propositions, sous forme de question, ce qui nous permettra de vraiment être en lien avec la personne en face, de vraiment la comprendre. 

Ainsi, il est moins difficile de trouver le besoin de l'autre [de pratiquer l'écoute active]. Ensuite, nous pouvons continuer : "voilà mes besoins, et voilà les tiens, essayons de trouver une stratégie qui satisfait ces besoins... est-tu d'accord ? As-tu une proposition ?"

__________________

La phrase que je dis le plus souvent à mes fils, c'est "Je veux ça, toi tu veux ça, alors, on fait quoi ?"

Le demande nous permet plus facilement, et plus naturellement, d'aborder la résolution de conflit.

Parfois Timéo me répond "bah, je ne sais pas ! C'est toi qui me le dis !" 

D'autres fois il a des idées. Parfois on cherche ensemble. Et parfois aussi, on ne trouve pas de solution. Dans ce dernier cas, aucun de nous deux "ne lâche son os", et on ne passe pas un bon moment. Mais c'est de moins en moins fréquent, car j'ai le soutien de mon précieux et merveilleux époux qui prend le relais, et je sors de chez moi me ressourcer. Ensuite, les idées fusent de part et d'autres : de mon fils, de ma part, mais aussi de la part de mon mari et parfois aussi de la part de mon cadet !


Pour conclure, il n'y a pas de différence entre la méthode Gordon et la CNV de Rosenberg, telle que je le pensais au sujet de la demande, c'était seulement mon interprétation qui en créait une.


Les deux méthodes se complètent, la première parle de la relation enfant-parent et de ses spécificités (le pouvoir de l'adulte sur le bébé, l'indépendance du bébé qui disparaît à mesure que l'enfant grandit et que le parent perd son pouvoir, etc...), la deuxième est axée sur le dialogue, on pèse chacun de nos mots, c'est un plus un savoir être qu'un savoir parler.

 


Je classe la méthode Gordon au niveau 2, et la CNV au niveau 3, par rapport aux remises en question, à l'implication personnelle, au temps de pratique, à l'accessibilité des livres.

Le niveau 1, pour moi, serait "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfant parlent". Le livre comportent de petits chapitres, des B.D., des fiches résumés, et proposent des petits changements applicables sans trop réfléchir. De plus, comme pour la méthode Gordon (ici) et la CNV (ici), des atelier de groupe sont proposés un peu partout (ici). 

 

 

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2012-11-26T14:35:00+01:00

Il me donne des coups de pieds et de poings

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Samedi dernier, nous sommes allées faire les courses en famille. J'avais longuement hésité à partir seule, car mes fils sont malades depuis une semaine, et en pleine convalescence. Mais devant l'insistance de Timéo, sa frustration et sa déception, nous avons décidé d'y aller ensemble.

Au biocoop, Timéo voulait se lever dans le caddie, mais pas rester assis, et en même temps, il ne voulait pas être debout à coté du chariot... Je lui ai fait plusieurs propositions, mais aucune ne lui convenait, et il a pleuré bruyamment une bonne partie du temps. J'ai regretté de l'avoir emmené, j'aurais aimé passer un moment calme, plus agréable...

Et au retour, cela a été pire.

Comme nous avions les bras chargés des sacs de courses, mon mari et moi avons demandé aux garçons de marcher les quelques mètres qui séparent la voiture de notre immeuble. Nous avons une place de parking dans une voie sans issue, tout au fond, à l’arrière du bâtiment.

Timéo a mis un pied sur la chaussée, et je lui ai demandé de rester sur le trottoir. Il a recommencé, et c'est son père qui lui a demandé à nouveau. Et Timéo a mis une troisième fois son pied sur la chaussée. Nous étions au milieu de l'impasse, qui donne sur une route secondaire un peu fréquentée. Pour les règles de sécurité, je suis intransigeante. J'agies, ensuite on parle.

Je me suis fâchée : j'ai crié, et puis je lui ai pris la main, de force, de façon à ce qu'il ne puisse pas me lâcher la main.

Il a hurlé, pleuré, mais je ne lui ai lâché la main qu'à l'intérieur de la cage d'escalier.

Il m'a hurlée dessus : "méchante ! Je vais te mettre dans pièce avec un loup qui fait très peur ! ahhh ! Méchante, t'es un loup !".

Et il m'a donné un coup de pied.

Il a essayé, j'ai esquivé, et je lui ai demandé de monter (nous habitons au premier étage sans ascenseur). Il a gravi une marche, en criant, et il s'est retourné pour essayer à nouveau de me faire mal avec un coup de pied.

Je lui ai demandé, à nouveau, de monter les escaliers, mais il refusait de bouger, sauf pour crier ou me donner un coup de pied.

Alors je l’ai soulevé avec ma main libre par dessous les aisselles, et je l'ai reposé devant notre palier. Ses cris ont redoublés. Nous sommes rentrés chez nous ; je l'ai un peu poussé. Une fois la porte fermée, il m'a foncé dessus, et il m'a donné des tapes avec sa main.

J'ai recommencé mon discours : "Arrête Timéo ! Ne me tape pas, les mains sont faites pour protéger, par pour frapper. Je ne veux pas te faire de mal, et je ne veux pas que tu m'en fasses. Tu le sais, dans cette maison, ton papa et moi avons choisis de ne pas taper ou donner de fessées. Mais tu peux crier, si tu veux."

Il a hurlé encore quelques minutes.

Une fois déchaussée, je l'ai regardé : il pleurait, mais son regard n'était plus agressif, plutôt perdu, désemparé. Alors je lui ai ouvert mes bras, et il s'y est blotti.

Cinq minutes après, il était calmé, et nous avons parlé de ce qu'il venait de se passer, dans les bras l'un de l'autre.

 

______________________

Quand je repense à cette scène, je suis étonnée de mon propre calme.

Il y a peu de temps, et même parfois encore, face à ce type de comportement, je n'aurais pas réagis comme ça. J'aurai plutôt répliqué : "Non, je ne suis pas méchante, c'est toi qui est méchant, c'est toi m'a tapé, c'est toi qui a commencé". Je l'aurais peut-être aussi tapé, non, plutôt bousculé, car ça fait des années que je ne donne plus de fessées, mais j'ai, j'avais quand même des pulsions, des envie de taper. Je devais faire un effort, un gros effort pour lutter contre mes pulsions violentes, respirer un grand coup, m'isoler un peu pour retrouver mon calme, me remémorer les belles théories éducatives non violentes, et réfléchir à comment gérer le conflit.

Il y a quelques années, je réfléchissais au conflit, à comment le gérer d'une façon différente. Quand j'ai commencé à écrire ce blog, j'entendais des phrases sortir de ma bouche que je trouvais étranges, bizarres, pas naturelles du tout.

Et aujourd'hui, c'est naturel. Bon, ce n'est pas naturel tout le temps, ni tous les jours. Mais dimanche dernier, ça l'était ; j'étais naturelle, j'ai agis sans réfléchir, sans faire d'effort particulier.

Quand je regarde tout le chemin que j'ai parcouru, et je suis confiante pour l'avenir.

En septembre dernier, lors des journées spirales "punir bébé", une femme avait pris la parole pour dire que c'est bien beau de pas donner de fessées, en théorie, mais qu'on n'est pas au pays des bisounours non plus. Sa déclaration avait fait réagir vivement la salle, beaucoup l'approuvait, d'autres n'étaient pas d'accord.

Je ne vis pas au pays des bisousours. Et pourtant, j'élève mes enfants sans fessée, sans punition, sans récompense, sans menace de punition, et tout en étant moi-même, sans chercher à être gentille, ni fausse (je ne fais pas front commun avec mon mari, et lui non plus, chacun s'exprime).

Et mes enfants vont bien.

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Voici une petite anecdote : une dispute entre mes deux fils, la semaine dernière dans la voiture. Timéo criait à son frère "méchant, méchant", et Tadéo lui répondait "non pas méchant, pas méchant". Timéo a continué de crier de plus belle, plus fort. Et Tadéo lui a alors répliqué de la même façon de son père la veille : "gentil Timéo, gentil Timéo". Le grand a observé le silence, et le plus petit a réaffirmé avec conviction : "gentil Timéo, gentil Timéo". Fin de la dispute.

La veille, ils pleuraient, criaient, hurlaient : "méchant" ; "non pas méchant" pendant 15 longues minutes à table, et le lendemain, Tadéo, 22 mois seulement, était déjà capable de reproduire la leçon de leur père.

Je suis fière de mes trois hommes.

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2012-11-23T14:15:00+01:00

La terrible période du "non"...

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Mon cadet, Tadéo, âgé de 22 mois, change. Il a comportement différent, par rapport à il y a quelques semaines tout au plus...

 

Ce matin, Tadéo est venu me réveiller dans ma chambre, avant la sonnerie de mon réveil. Cela fait plusieurs fois cette semaine, en plus de quelques réveils nocturnes... Je me demande si quelque chose l'empêche de bien dormir, comme moi la veille d’un examen... ?

Après l'avoir recouché, nous nous levons à l’heure habituelle. Je le dépose sur une des petites chaises de la cuisine, mais il crie "non, non!" et se met à pleurer. Je le prends dans mes bras et je lui demande ce qu'il veut : "chaise ROSE !" Ah bon, ce matin la chaise bleue ne lui convient pas...

Plus tard, lorsque je l'habille, il se met à pleurer et enlève le pantalon que je viens de lui mettre. Je le prends dans mes bras et lui demande ce qui se passe : "mickey !" Ah, il voulait un autre pantalon. Idem pour les chaussettes : "chaussettes crocodiles!". Et pour son pull, j'en sors deux, et il se met à pleurer, de rage (?) Alors, je les repose dans l'armoire en lui disant "d’accord, c'est toi qui choisis." Et puis, il pleure encore 30 secondes, respire un bon coup, prend son pouce et son doudou... Il fronce ses sourcils, et va prendre tout seul l'un des deux pulls dans l'armoire : "pull ROUGE".

Avant, quand je lui demandais : "Tadéo, tu veux choisir ton pull ?", il me répondait "non, maman". (= non, c'est toi, maman, qui choisit.

 

Je pourrais continuer de décrire le reste de la journée de la même façon... Il s'énerve vite parce qu'il n'arrive pas à faire quelque chose, genre mettre ses chaussures, et si je l'aide il hurle plus fort "non, tout seul"… et il continue d’essayer en pleurant parce qu’il n’y arrive pas !

 

De mon coté, je suis contrariée, et aussi en colère, parce que j'ai besoin de mon moment tranquille le matin, seule.
Et je tiens à être ponctuelle pour déposer Timéo à 8h20 à l'école et être de retour pour 8h30 pour accueillir les bébés sur lesquels je veille pendant que leurs parents travaillent...

 

La situation, et surtout ma relation avec mon petit garçon pourrait vite se dégrader...

 

Ce qui arrive à Tadéo est souvent appelé "période du non", "terrible two" ou encore "période d'opposition", j'en passe et pas que des meilleurs. Tous ces noms ne me conviennent pas. Aujourd'hui, je suis différente, j'ai un regard différent sur mon fils, et je veux réfléchir à une éducation non violente, gagnante-gagnante, CNV...

Tout est une question de besoins, satisfaits ou non satisfaits...

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Avant, Tadéo était bébé. Il était dépendant de moi, pour tout. Il était aussi impatient : quand il avait faim, il m'appelait, puis il pleurait et hurlait s'il n'avait pas de quoi apaisait sa faim dans les 5 minutes top chrono. Il n'avait pas beaucoup de besoins, surtout physiologique (boire, manger, évacuer, chaleur humaine, etc.)

Et puis, au fur et à mesure qu'il a grandit, de nouveaux besoins sont apparus, comme celui de jouer, ou de rencontrer d'autres enfants...

Aujourd'hui, je pense que son nouveau besoin s'appelle l'autonomie.
C'est tout nouveau pour lui.

Je pense que c'est un grand bouleversement en lui, et que ce nouveau besoin de faire seul entraine la naissance d'un autre besoin : du temps pour réfléchir.

Quand je lui fais une proposition en sortant les deux pulls, peut-être qu'il s'énerve parce qu'il voudrait prendre tout seul son pull dans l'armoire ? Ensuite, peut-être a t-il besoin de temps pour se remettre de cette émotion intense ? Une fois calmé, il a encore besoin de temps pour réfléchir ? Et choisir le pull qui lui plait, dans l’instant présent ?

De mon point de vue, il ne s'oppose pas à moi. Il n'agit pas contre moi, il ne me dit pas "non" parce qu'il en a entendu pleins avant… Peut-être qu’il dit "non" pour dire "attend, je veux faire tout seul, je ne sais pas encore comment, ni ce que je veux/peux faire exactement, mais attend, laisse moi réfléchir dans le calme..." ??

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Une semaine plus tard...

 

Ce matin, pour aller déposer Timéo à l'école, je me prépare à partir 5 minutes plus tôt. J'appelle mes fils, après les avoir prévenus cinq minutes auparavant que ce serait bientôt l'heure de partir, et puis je demande à Tadéo de m'apporter la paire de chaussures qu'il veut (il en a deux, j'essaie de ne pas lui proposer trop de choix, car je crains qu'il lui faille plus de temps encore pour se décider !). Je le laisse essayer de mettre tout seul sa chaussure, en me regardant et en regardant son frère, puis il n'énerve, et je lui dis "si tu as besoin d'aide, demande moi ! Mais n'oublie pas qu'on n’a pas le temps de trainer quand on dépose Tim à l'école..." Tadéo s'énerve encore un peu et puis il demande "d'aide ! d'aide maman !"

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Depuis deux semaines, tout prend plus de temps, vu que M. Tadéo a besoin d’autonomie, besoin de temps pour essayer, besoin de temps pour se rendre compte qu'il n'y arrive pas encore seul… seulement après, il peut accepter mon aide...

Pour beaucoup de situations, il ne me reste plus qu'à respirer un bon coup moi aussi, de prendre "mon mal en patience", et de prévoir toujours plus de temps, d'essayer de lui laisser choisir ce qu'il veut, quand il veut... mais tout en respectant mes besoins et ceux des autres.

Je pose mon autorité et mes limites sans fessée, sans punition (mais pas sans crier (!)), je lui explique en quoi son comportement me gène, et surtout, surtout, je n'accepte pas l'inacceptable... Sinon, ce serait de la permissivité, où je subirais son comportement, au détriment de mes besoins... mes besoins sont importants, ses besoins sont importants, essayons de trouver ensemble une solution, une stratégie qui nous conviennent à tous les deux, de façon gagnante-gagnante, sans perdant.
____________________

Un matin de la semaine dernière, pour les chaussures, je n'ai pas attendu qu'il me demande de l'aide, je lui ai mis ses chaussures pendant qu'il pleurait "non, moi, tout seul"... Ce matin-là, <<j'ai gagné et il a perdu>>, mais c'est devant le constat que Tadéo n'avait pas assez de temps que j'ai avancé l'heure du départ, et que le conflit a été résolu la matin suivant.

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Cette période est difficile pour Tadéo, capital pour son développement... Tant de choses ce passent en lui...

Mais c'est difficile aussi pour moi... Je choisis d’adapter mon emploi du temps à ses nouveaux besoins. Je pourrais aussi choisir de ne rien changer, mais alors ses besoins ne serait pas satisfaits, et il pleurerait souvent… je pense aussi qu’alors il aurait un comportement de résistance décrit par Thomas Gordon, comme la soumission, la révolte, la vengeance, etc. et qu’à partir de là, il agirait peut-être contre moi, et qu’un combat de force, d’opposition (?), et quotidien, commencerait entre nous…?

Mais je choisis une autre éducation pour mes enfants (et ceux que je garde, en accord avec leurs parents).

[[

Trop souvent, j’ai vu, et je vois encore, des parents excédés, fatigués, qui cherchent des solutions, qui craquent… Et les premières fessées sont données, à contre cœur, après avoir tout essayé… je vois aussi à cette période des enfants avoir un geste de recul quand je m’approche pour essuyer leurs visages après le repas. Et je les rassure, mes mains protègent, elles ne tapent pas.

]]

J’ai beaucoup travaillé sur moi, je travaille toujours pour contrôler mes émotions, et comprendre les tout-petits. Ma façon de penser à évoluer ; Tadéo ne m’impose pas de subir ses crises ou de changer mon emploi du temps. Mon intention est de créer un lien avec mon fils, et je choisis de changer mes stratégies pour satisfaire mes propres besoins de façon à satisfaire aussi les siens. 

 

J’essayerai de partager des témoignages concrets sur cette période tant redoutée, mais en même temps, je choisis d’avoir moins de temps pour moi, et plus de temps pour mon petit garçon qui grandit… ça me plait tellement de le voir s’épanouir, et chanter, fier de lui, "bravo moi, bravo moi, fait tout seul, fait tout seul" avec l’air "d’aller les champions", et je chante avec lui, en dansant : "bravo Tadéo, Bravo Tadéo, bravo, bravo, bravo Tadéo, d’avoir mis ton scratch tout seul, d’avoir mis ton scratch tout seul, bravo, bravo Tadéooooo".

Aucun doute, pour moi, c'est notre relation le plus important... aujourd'hui.

 

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2012-11-12T14:47:00+01:00

4 jours de formation CNV, partie 3

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Je continue de partager le stage de CNV, pendant qu'il est encore frais dans ma tête.

 

Les exercices en groupe.

Durant les 4 jours, nous avons beaucoup pratiqué ; seul le premier jour a été un peu plus théorique, le temps de présenter ce qu'est la CNV, le processus...

Le premier exercice : à partir d'un fait déclencheur d’une situation non satisfaisante, essayez d'identifier son sentiment et le besoin non satisfait, puis échangez avec les 3 autres personnes du groupe… J'étais frustrée, je n'ai pas aimé... parce que j'avais besoin d'apprendre, j'étais affamé et impatiente... (Entre débutants, on ne peut pas apprendre aux autres ce qu’on ne sait pas !)

Ensuite, en grand groupe, le formateur a pris l'exemple de deux personnes volontaire... je n'ai pas osé prendre la parole, ce premier jour. Et comme je n'ai pas eu de "corrigé", j'étais encore plus frustrée. Heureusement pour moi, le lendemain, il a demandé qui voulait partager son sentiment, et je me suis tout de suite portée volontaire… Cela a été riche d'enseignement, j’ai notamment compris la différence entre l’objection et l’intention… L’intention, préalable à la pratique de la CNV, est de créer un lien par exemple, et non pas faire faire quelque chose à quelqu’un (par exemple : ranger les affaires)…

 

Il y a eu deux autres exercices en petits groupes où nous n'étions pas coachés par un des formateurs (le 2ème et le 3ème jour), et où j'étais très énervée. D'ailleurs, le ton est monté avec l'un des stagiaires quand j'ai exprimé oralement ma frustration, quand il avait dit "à la maison non plus le formateur ne sera pas"... et j'avais répliqué, cinglante, que justement je n'étais pas chez moi, et je suis venue au stage pour être coachée justement ! et progressée...

Il y eu un tour de parole tout de suite après l'exercice, et je n'ai rien dit. En revanche, pour le dernier tour de la journée, samedi (le troisième jour), je me suis exprimée, j'ai parlé des deux couleurs en moi, celle satisfaite, dominante, sur toute la journée, et j'ai aussi osé parler de ma frustration lors des exercices de groupe. J'ai pu le dire, sans jugement, sans regard lourd, ni de la part du formateur, ni de celles des autres stagiaires. Après trois jours, je me sentais intégrée à ce groupe, et je pouvais tout dire, alors qu'un jour avant, je n'aurais pas osé dire oralement ce qui me déplaisait...

 

Et puis, le dernier jour, il y a un exercice qui m'a beaucoup apporté, et qui a été très satisfaisant pour moi.

Nous étions 3. Le formateur écrivait une phrase, et nous devions lui répondre par écrit.

Sa phrase était celle d'une mère, disant à son adolescent, qui arrive toujours pile à l'heure pour manger et mettre ses pieds sous la table : "eh oh ! C'est pas un restaurant-hôtel ici !"

L'une des stagiaire a proposé que nous écrivions chacune notre tour une phrase. Dans un premier temps, j'ai froncé les sourcils ; ce n'était pas un travail individuel... Je le lui ai dit, et elle m'a expliqué que cela nous permettrait à toutes de réfléchir à son rythme, parce que je réfléchissais plus vite que les autres... Je n'avais pas vu les choses sous cet angle...

Nous avons fait comme ça, et puis, effectivement, j'avais deviné avant que la mère voulait partager d'autres moments que les repas avec son fils...

A la fin, j'ai remercié la stagiaire, parce que j'avais pris du plaisir à travailler avec elle. Elle était surprise, elle pensait qu'elle me l'avait imposé et elle n'en n’était pas satisfaite… Mais je lui expliqué qu'au contraire, comme nous en avions discuté avant, j'avais donné mon accord, et je ne l'avais pas vécu du coup comme une imposition. Et que de cette façon, j'ai continué d'apprendre à me taire (j’ai tendance à couper la parole…), parce que souvent, je voulais parler, et puis je me souvenais que ce n'étais pas mon tour ! Et qu’avec cette façon de travailler, j’avais vraiment l’impression de travailler avec elles, en même temps qu’elles, et pourtant chacune à notre rythme… Alors que d’habitude, je vais plus vite, je prends trop d’avance, et après je suis frustrée !!

 

Je suis ravie d’avoir pu partager avec elle ma satisfaction, ma gratitude, et de façon, nous avons pu éclaircir comment j’avais vécu l’expérience… Si je ne l’avais pas fait, elle ne l’aurait pas su… Voilà pourquoi, en plus de tout ce que j’ai décris avant, cet exercice m’a apprit l’importance d’exprimer ma gratitude, et de le faire en langage clair, en CNV, sans me contenter d’un simple ‘’merci’’, qui n’apporte pas de lumière à l’autre, et qui en plus, peut être pris pour de l’ironie, et faire l’effet inverse !

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2012-11-10T21:11:00+01:00

Ma transformation suite au stage de CNV

Publié par TimTad

Bonjour,

Je fais suite à l'expérience CNV que j'ai partagé dans cet article :

Dimanche soir, après les 4 jours de formation de Communication NonViolente (CNV), une fois mes garçons couchés, comme d'habitude, mon mari et moi, nous nous sommes retrouvés devant la télé et l'ordinateur, à coté l'un de l'autre, dans même la pièce, mais pas vraiment ensemble...

J'ai respiré un grand coup, je me sentais prête.

Après lui avoir demandé s'il regardait la télé et s'il avait 5 minutes pour discuter (il a baissé le son de la télé), je lui ai dit tout ce que j'avais observé dans la maison et puis j'ai continué :

- "Quand j'ai vu tout ce que tu avais fait, je me suis demandé si c'était pour ça que tu es si fatigué... Je me trompe ?"

- "Oui, c'est pas pour ça que je suis fatigué" m'a-t-il répondu...

- "Ah ? Ce n'est pas pour ça que tu es fatigué depuis ces 4 jours ?"

- "Non, je suis fatigué depuis les dernières vacances..." m'éclaire-il.

- "Depuis les dernières vacances ?" Je suis surprise, et je réfléchis quelques secondes... "Tu veux dire que tu es fatigué depuis qu'on est revenu de nos vacances à la montagne ?"

- "Oui".

J'étais surprise. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je suis allée prendre ma douche et j'ai réfléchis... Je me suis remémorée tous nos week-ends depuis ces vacances... En effet, ils avaient tous été bien remplis, entre les aménagements de notre appartement, les rangements, mon absence de deux jours pour la formation "punir bébé" à Toulouse, la préparation du vide grenier, le vide grenier, etc. etc.

Je ne m'étais pas du tout rendu compte de tout ça.

Ouah ! Merci à la CNV !

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Le lendemain soir, nous avons continué... Cette fois, je me suis tournée vers lui, je lui ai demandé son attention, et il a lui aussi tourné la chaise de son bureau pour me regarder dans les yeux... Il s'est excusé d'avoir été désagréable la veille, je lui ai expliqué qu'au contraire, ça m'avait aidé à réfléchir... En réalité, il a tout rangé et nettoyé parce qu'il aime quand c'est propre et rangé, tout simplement ! Oui, il est comme ça mon homme, je m'en souviens, maintenant, ce n'est pas nouveau qu'il range !!!! C’est moi qui avais oublié !

Nous avons discuté toute la soirée, les yeux dans les yeux...

Avant d'aller me coucher, j'ai remarqué que son humeur avait changé, j'ai lu le désir dans ses yeux, et je le lui ai dit, non, je ne lui ai demandé. Ce qui a eu pour effet de l'augmenter... Cela fait 12 ans que je suis avec lui, et cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça, que nous avions envie l'un de l'autre, en même temps, avec autant d'ardeur...

Le matin, quand je me suis réveillée avant la sonnerie de mon réveil, je l'ai rejoint dans la cuisine... Il m'a pris dans ses bras tout de suite, et quand nos regards se sont croisés, nous avions encore l'humeur de la veille, et nous sommes retournés dans notre chambre... mon mari est parti au travail 30 minutes plus tard.

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Je tiens à ma famille, et c'était très important pour moi de renouer avec lui : l'année dernière, avec la fatigue et le manque de loisirs, suite à la naissance de Tadéo, 18 mois après celle de Timéo, mon mari et moi avions eu des mots durs et un tel comportement entre nous, que si ce n'était pas le père de mes enfants, je l'aurais quitté.

Je redécouvre mon mari, le père de mes enfants, l'homme que j'aime, qui m'aime. Notre couple renait de ses cendres, tel un phénix... J'en suis infiniment heureuse...

 

Il avait très peur pour moi quand je suis allée à ce stage, et aussi peur quand je parlais d'aller dans des groupes de pratique de CNV... Et derrière sa phrase "je ne veux pas que tu fasses manipuler", avant je croyais qu'il se méfiait des autres, inconnus, qu'il ne connaissait pas... Grâce à la CNV, j'ai décrypté qu'il avait peur du changement, pas peur qu'en changeant je ne l'aime plus, mais qu'il avait peur que je change, que je ne sois plus celle qu'il aime... Aujourd'hui, une semaine seulement après le stage, il est rassuré et à "100% d'accord" pour je rejoigne un groupe de pratique… il n'aurait jamais cru que la CNV pouvait me faire cet effet là !

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Voilà tout ce que la CNV et le stage m'ont apporté concrètement dans ma vie, ici et maintenant.

Merci aux formateurs, et aux membres du groupe, d'avoir contribuer à ce changement.

Merci à mon mari pour son soutien, sa confiance, son amour...

 

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2012-11-08T14:15:00+01:00

4 jours de formation CNV, partie 2

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Je continue de partager mon expérience  sur la formation CNV

 

Dimanche matin, dernier jour.

Je me suis levée un peu avant mon réveil, je me sentais en pleine forme. Et quand je suis allée dans le séjour, j'ai eu un grand choc : mon balcon était vide ! Plus exactement, il était rangé. Or, le samedi précédent, j'avais participé à un vide grenier pour me débarrasser de quelques affaires, et nous n'avions pas eu le temps de ranger, et le balcon était si encombré qu'on ne pouvait plus mettre un pied devant l'autre sans se prendre les pieds dans quelque chose. Mais ce n'était pas tout : la maison entière était rangée, le ménage était fait, et en plus, il y avait des crêpes pour le petit-déjeuner !

Le choc pour moi, c'est que j'avais vu les traits tirés de mon mari, et qu'il m'avait répondu qu'il était crevé... Alors, en plus de s'occuper à temps complet de nos garçons en bas âge, il avait fait tout ça... je comprenais mieux pourquoi il était si fatigué...

Ensuite, j'ai commencé à me mettre à sa place pour essayer de comprendre pourquoi il en avait fait autant....

Et c'est là que j'ai eu un gros déclic, une prise de conscience, un gros bouleversement en moi...

J'ai réalisé que je me mettais à sa place, au lieu d'aller à sa place.

 

Pour comprendre de quoi je parle, voilà un dessin :

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J'ai pris conscience que je restais de mon coté, avec ma vision, au lieu d'aller lui parler, et de l'écouter pour voir les choses de son point de vue...

Et j'ai pris la mesure de toutes les conséquences que cela a eu par le passé, à me faire toute seule des films dans ma tête : malentendus… et aussi je me suis demandée si je le connaissais vraiment, et si je n'aimais pas une image de lui que je me suis faite... J'ai aussi pensé à toute l'énergie que j'ai dépensée, gaspillée… aux soirs où je n'arrivais pas à dormir, avec mes interrogations...

 

Je suis arrivée une demi-heure d'avance pour le stage, et je suis restée dans ma voiture, à laisser toutes ces émotions m’envahir... J'en ai pleuré.

J'ai rejoint le groupe.

Comme les 3 matinées précédentes, il y a eu un tour de parole, où chacun exprime "sa météo", en une minute... J'ai expliqué que je voulais partager cette expérience, et cela me prendrait plus qu'une minute, et que je me sentais presque au bord des larmes, mais que ça irait, j'ai bien appris toute ma vie à couper mes émotions !!

Quand le tour de parole était finie, la formateur m'a redonné la parole, et j'ai raconté ce qui c'était passé plus tôt, et ce qui était en train de se passer en moi...

Un combat. J'avais peur du changement qui s'opérait en moi, et en même temps, c'est exactement ce type de changement que j'étais venue chercher...

L'exercice de pratique de la matinée était un jeu de rôle où A jouait une vraie situation de son passé, avec ses acquis de CNV. C'était mon tour d'être A, alors j'ai tout de suite annoncé que je passais mon tour : j'étais justement en train de décider de ne plus faire de films de la réalité, alors je ne voulais pas rejouer une vraie situation sans les vraies personnes...

Cela n'a posé aucun problème, chacun est libre de faire ce qu'il veut, c'est affiché sur la chartre du stage, et qui fait aussi qu'on se sent en sécurité...

Et puis aussi, j'ai beaucoup appris, et je me sentais à l'aise pour aller en parler avec mon mari en langage CNV, et j'avais hâte, même,  de lui en parler, de savoir pourquoi il avait fait tout ça, de savoir si j'avais vraiment intégré la CNV...

 

Je partagerai la prochaine fois ce qui s’est passé avec mon mari, suite à tout ça, mais un mot : bonheur !

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2012-11-07T14:15:00+01:00

Voilà le tabouret !

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Ce matin, j'avais 4 enfants, âgés de 9 mois, 21 mois (Tadéo), 25 mois et 3 ans (Timéo). J'étais fatiguée car j'ai veillé à 2h du matin sur mon aîné qui toussait beaucoup... Quant à mon cadet, il a la diarrhée, une qui déborde de partout...

J'avais appelé la docteure un peu avant, et j'étais en train de sortir les médicaments conseillés avant le RDV de demain soir... Et puis, le dernier à sortir n'était pas dans la pharmacie à portée de main, mais tout en haut !

J'ai soupiré et râlé oralement, mécontente du rangement et... Tadéo m'a coupée dans mes pensées négatives en demandant "bouret, maman ?" : il m'avait apporté un tabouret pour que je puisse atteindre la boite tout de suite !!! J'étais bluffée. En plus, c'était pile celui qu'il me fallait, du coup j'ai attrapé joyeusement ce que je cherchais, et il est allée de lui-même ranger le tabouret !

C'est incroyable qu'à son âge, il cherche des solutions à mes problèmes et surtout qu'il trouve une solution avant même que je songe à la chercher !!! Quand j'y pense, je n'en reviens toujours pas....

Bravo Tadéo ! Je suis fière de toi !

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2012-11-07T13:05:00+01:00

4 jours de formation CNV, partie 1

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Ca y est, j'ai suivi les deux premiers modules de Communication NonViolente, du 1er au 4 novembre à Bordeaux.

J'en ressors épanouie, je me connais mieux, j'ai eu plusieurs déclics, dont un qui m'a fait pleurer !

Je peux enfin sortir des livres, et continuer à nouveau à avancer...

 

J'ai beaucoup de choses à partager, alors je vais écrire au fur et à mesure les expériences que j'ai vécues, et ensuite je regrouperai tout dans une page structurée...

 

Samedi matin, troisième jour.

 

Exercice d'écoute "empathique", pour apprendre à écouter et savoir l'effet que ça fait d'être écouté...

La consigne : se mettre en groupe de deux personnes. A parle d'elle, d'un sujet de préférence joyeux et B écoute silencieusement (les yeux dans les yeux, interdiction de parler) pendant 5 minutes chrono. A la fin du temps, B dit à A ce qu'il a retenu d'important (pas de temps limite). Et puis ensuite, à un nouveau "top", c'est au tour de B de parler 5 minutes.

J'étais B.

La première minute, j'avais pleins de question en tête, mais je me suis retenue de les poser... Et puis, j'ai arrêté de me poser des questions… et j'ai pu enfin me concentrer sur ce que A disait, et d'essayer de retenir l’essentiel, puisque je devais ensuite le lui redire... (A parlait de son déménagement et de ses conséquences sur sa famille et sur son travail...) Quand le top de fin a retenti, les 5 minutes avaient passées très vite, et j'ai été étonnée d'avoir vraiment retenu, compris surtout, ce que A m'avait confiée bien malgré elle... A était émue... Et moi, j'étais, je suis toujours émerveillée de ce contact, si intime, si profond, où je suis entrée en relation vraie avec A... En seulement 5 minutes ! Je crois que c’est la première fois de ma vie que j’écoute sans parler pendant aussi longtemps !

Et puis, le top a retenti à nouveau... je n'étais pas prête ! J'étais encore dans l'histoire de A, et il m’a fallait du temps pour me recentrer sur moi ! C'est la première fois que je ressentais ça.  

Après avoir respiré un grand coup pour me déconnecter de A, j'ai parlé, moi aussi, de mon déménagement et des ses conséquences... Je me sentais vraiment écoutée, entendue, comprise, et du coup, je continuais de raconter des choses intimes, de plus en plus en grave, et même dramatiques de ce qui m'arrive en ce moment.... Je faisais la lumière sur ce qui est important pour moi, mes priorités... Je mettais de l’ordre dans ma tête…

Et puis, A m'a posé une petite question. Rien d'important, juste une précision sur le travail de mon époux, pour qu'elle puisse mieux comprendre peut-être...

L'effet sur moi a été riches d'enseignements. Je me suis rendue compte que j'avais complètement perdu le fil de mes pensées. Je me suis rendue compte que je disais oralement ma pensée précédente, et donc que je pensais déjà à la phrase suivante au moment où je parlais... Et pour répondre à cette question, j’ai dû revenir en arrière… Et pour autant, étonnamment, je ne pensais pas à plus d'une pensée à l’avance, c'est à dire que je ne savais pas où j'allais dans le cheminement de ma pensée... Je me suis rappelée les fois où une personne parle, parle, et où je l’ai coupée pour lui demander : "Mais où tu veux en venir ?"…  Cette expérience m’a appris que je ne savais pas du tout où mes pensées me conduiraient... C'est seulement au moment où je peux dire oralement ce qui me passe par la tête, et où je me sens entendue, que je peux avancer et éclaircir mes idées ...

C'est pour moi une vraie révélation, un vrai déclic. Il faut le vivre pour comprendre vraiment, pour le ressentir dans son corps.

J'ai repris ma phrase précédente et puis mes pensées m'ont conduit sur un autre chemin…

A la fin du temps, A avait un peu de mal à trouver les mots pour résumer, en terme de besoins et sentiments, ce que je lui avais dit, mais peut importe, elle m’avait écoutée, vraiment écoutée… et c’est fou le bien que ça m’a fait !

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