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2012-08-01T16:00:00+02:00

"Stop ! Ne dis rien de plus !" Ou le drame du petit pain au chocolat...

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Voilà un conflit qui s'est déroulé il y a quelques jours. Toute la famille est partie en vacances une semaine, puis nous sommes retournés chez nous un jour et deux nuits avant de repartir une semaine (chez mes beaux-parents).

Ce jour là, j'ai constaté que mes poissons rouges avez dévorés toutes leur plantes, alors nous sommes allés en acheter de nouvelles, et j'ai passé une bonne partie de la matinée à vider l'aquarium, le nettoyer, le remplir à nouveau... Bref, j'étais occupée, et je ne voulais pas reporter cette tâche puisque que je repartais une semaine le lendemain matin.

C'est donc mon époux qui s'occupait de nos charmants petits garçons.

Le matin même, j'étais allée acheter des petits au chocolat pour tout le monde, et mes fils ne les avaient pas terminés, et la table du petit déjeuner n'avait pas été défaite...

Le conflit commence quand Timéo décide de finir sa chocolatine (comme on dit à Bordeaux), et qu'il a constaté que son frère était passé par là avant lui ! Je l'ai entendu pleurer, se plaindre à son père... Le ton est monté, et mes deux hommes se prenaient sérieusement la tête, entre Timéo, 3 ans, qui chouinait le plus fort possible en criant que c'était SON pain au chocolat, et son père, énervé, qui criait aussi qu'il n'y plus de pains au chocolat, que ce n'était pas grave, qu'il mangerait mieux à midi, qu'il n'avait qu'à le manger plus tôt, etc.

Et Tadéo ? Il jouait tranquillement, laissant l'orage passait j'imagine, en tout cas, je ne l'entendais pas, et ni mon mari ni mon ainé ne lui parlait, comme si ça ne le concernait pas ! Bah, en y réfléchissant, lui n'avait pas de problème...

Et la dispute a continué ainsi...

Quand à moi, je continuais de m'occuper de mon aquarium !

Bon, au bon d'un moment, le père a décidé de quitter la pièce et d'aller jouer avec le plus petit dans la chambre... laissant Timéo à table, qui pleurait toujours...

Alors, j'ai décidé de m'en mêler, et d'analyser rapidement la situation avant d'intervenir.

Timéo avait besoin d'être calmé. Son père aussi, ce qu'il faisait surement dans la pièce d'à coté.

Quand à mon époux, ce qu'il voulait surement, c'est un peu de tranquillité, et que mon fils arrête de chouiner, car je sais que cela le rend fou ! Et le constat, c'est qu'il s'y ait mal pris ; les méthodes classiques ne marchent pas. Je comprends mon homme, il aimerait que mon fils obéisse, que quand il lui ordonne d'arrêter de pleurer, il arrête. Il aimerait régler les problèmes de mon fils rapidement (s'il avait un autre petit pain, il le lui aurait donné !). Je pense qu'il na pas encore fait le deuil de l'enfant idéal. Je pense que je l'ai fait et que cela me permet d'avancer : dans la vraie vie, les enfants ne sont pas comme ça !

Bon, à mon tour de raisonner.

Alors, que veut mon Timéo, quand il pleure parce que son frère a mangé le reste de son pain au chocolat ? Je ne pense pas qu'il a encore faim, et qu'un autre de remplacement l'aurait satisfait... ou peut-être que oui, je n'en sais rien, lui seul le sait !

Ce qui est sûr, c'est qu'il a besoin d'être compris. L'écoute active est la technique de communication la plus appropriée. Allez, je me lance :

Moi : "Timéo, tu es en colère ?"

Lui : "Oui, Tadéo a mangé mon pain au chocolat !"

Moi : "Tu pleures parce que ton frère a mangé ton pain au chocolat."

Lui : "Oui, je en ai plus ! Donne-moi en un autre !"

Moi : "Tu aimerais qu'il reste un autre pain au chocolat et que je te le donne!"

Lui : "Oui ! Est-ce que tu as encore de la monnaie ? Tu peux aller à la boulangerie ?"

Je suis fière que constater que malgré la situation et son état, il arrive à me parler, et surtout à chercher lui-même une solution à son problème !

Moi : "Tu aimerais que j'aille à la boulangerie pour t'acheter un autre petit pain au chocolat ?"

Lui : "Oui maman"

Cette fois, c'est une question qui m'est adressée. Timéo est beaucoup moins énervé, et j'espère que ma réponse ne le replongera pas dans les sanglots ! Mais je reste honnête avec lui :

Moi : "Je ne peux pas aller à la boulangerie maintenant, regarde, je n'ai pas encore terminé, et je ne veux pas laisser les poissons dans le sceau ! Mais si tu veux, j'irai cet après-midi, et tu pourras en manger pour le goûter."

Il ne s'énerve pas plus, mais il ne se calme pas non plus.

Timéo : "Non, je veux manger tout de suite !"

Il sait que les placards sont vides, et qu'il n'y a rien d'autre... Je l'entends renifler...

Moi : "Si tu veux, tu peux prendre tes doudous et venir t'installer sur le canapé pour me regarder. Peut-être que ça t'aidera à te calmer..."

Il ne me répond pas, mais il me rejoint. Après un moment, il s'en va. Et tout de suite après, j'entends qu'il se querelle à nouveau avec son père, qui crie à peu près la même chose que tout à l'heure !

Timéo revient, encore plus énervé !

Timéo : "Papa ne veut pas ! Je ai demandé d'aller à la boulangerie, mais il veut pas !".

Je décide de faire une pause. Je prends mon fils dans mes bras, et lui caresse le dos doucement. Je me promène dans le couloir, sans rien dire, et Timéo se confie à moi, tout en se calmant. Je continue l'écoute active.

[L'écoute empathique de la CNV aurait probablement été plus efficace, et rapide, mais je ne trouve pas les mots (je n'ai pas le vocabulaire, et je n'arrive pas à me mettre à la place de mon fils... pas encore)]

A un moment, quand je suis à coté de la porte de la pièce où est mari, Timéo se plaint une dernière fois du refus de son père... je sens qu'il est presque totalement calmé, quand mon mari déboule et dit :

Le père, encore énervé : "Mais je t'ai déjà dit que j'en ai pas d'autre..."

Moi : "Timéo, tu es déçu que ton père ne veut pas aller à la boulangerie pour t'acheter un autre pain au chocolat..."

Tim, complètement calmé : "Oui."

Mais son père continue, toujours énervé et étonné : "Quoi ? Tu veux que j'aille à la boulangerie ? Mais j'ai pas que ça à faire ! Et..."

Et là, agacée, je lui ai coupé la parole en lui disant : "Stop ! Ne dit rien de plus ! Arrête ! Ca y est, il est calmé, n'ajoute rien."

Il m'a foudroyé du regard, mais il s'est tu.

Et le calme est revenu.

 

Je suis contrariée d'avoir ainsi parlé à mon époux... J'aurais aimé lui parler à lui aussi avec de l'écoute active/empathique... Mais sur le coup, voyant qu'il allait rallumer le feu, je voulais juste qu'il se taise. Et je lui suis reconnaissante de l'avoir fait.

 

Je pense que c'est là l'une des principales difficultés de la technique : s'en tenir à l'écoute active, en reflétant au mieux ce que dit l'autre, garder le silence, être patient, et surtout, surtout, ne rien ajouter de plus (tant que que l'autre n'est pas calmé à 100%), ne pas utiliser les obstacles à la communication, identifiés par T. GORDON, et décris dans ses livres. Je les liste ici, et je vous invite à lire ses livres pour plus de détails :

1.      Ordonner, commander, exiger

2.      Menacer, avertir, mettre en garde

3.      Moraliser, sermonner

4.      Conseiller, donner des solutions

5.      Argumenter, persuader par la logique, faire la leçon

6.      Juger, critiquer, blâmer

7.      Complimenter, approuver, louanger

8.      Humilier, ridiculiser, étiqueter

9.      Interpréter, psychanalyser, diagnostiquer

10.  Rassurer, sympathiser, consoler

11.  Enquêter, questionner

12.  Dévier, blaguer, esquiver

 

Je souhaite me reconnecter avec moi-même, avec ce que je ressens, pour être à l'avenir capable de mieux communiquer aussi avec mon mari (et les autres...) La communication non-violente m'y aidera, petit à petit. J'ai conscience que cela prendra du temps, des années... Mais quand je regarde le chemin que j'ai parcouru ces dernières années, tout ce que j'ai défait de mes dernières décennies, je suis confiante en l'avenir ! Je souhaite continuer de faire grandir mon esprit en même temps que la croissance de mes enfants, à mon rythme !

 

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C

Merci pour votre blog, un magnifique témoignage de parents conscients comme on essaie également de l'être :) un sacré challenge, n'est-ce pas? Nous avons suivi les ateliers Faber & Mazlish et
tentons d'appliquer les principes CNV au quotidien ... ça occupe ;o)) et ça fait du bien à tous, même si ce n'est pas le chemin le plus facile et le plus" fréquenté"...
Répondre
T


Merci Clqire (^_^)


Il est vrai que nous relativement peu de parents à choisir cette éducation ! Et comme tu dis, ça occupe !


As-tu aimé les ateliers F&M ? Comment se sont-ils déroulés ?


 


A bientôt et bienvenue sur mon blog


 


TimTad



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