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2012-11-26T14:35:00+01:00

Il me donne des coups de pieds et de poings

Publié par TimTad

Bonjour,

 

Samedi dernier, nous sommes allées faire les courses en famille. J'avais longuement hésité à partir seule, car mes fils sont malades depuis une semaine, et en pleine convalescence. Mais devant l'insistance de Timéo, sa frustration et sa déception, nous avons décidé d'y aller ensemble.

Au biocoop, Timéo voulait se lever dans le caddie, mais pas rester assis, et en même temps, il ne voulait pas être debout à coté du chariot... Je lui ai fait plusieurs propositions, mais aucune ne lui convenait, et il a pleuré bruyamment une bonne partie du temps. J'ai regretté de l'avoir emmené, j'aurais aimé passer un moment calme, plus agréable...

Et au retour, cela a été pire.

Comme nous avions les bras chargés des sacs de courses, mon mari et moi avons demandé aux garçons de marcher les quelques mètres qui séparent la voiture de notre immeuble. Nous avons une place de parking dans une voie sans issue, tout au fond, à l’arrière du bâtiment.

Timéo a mis un pied sur la chaussée, et je lui ai demandé de rester sur le trottoir. Il a recommencé, et c'est son père qui lui a demandé à nouveau. Et Timéo a mis une troisième fois son pied sur la chaussée. Nous étions au milieu de l'impasse, qui donne sur une route secondaire un peu fréquentée. Pour les règles de sécurité, je suis intransigeante. J'agies, ensuite on parle.

Je me suis fâchée : j'ai crié, et puis je lui ai pris la main, de force, de façon à ce qu'il ne puisse pas me lâcher la main.

Il a hurlé, pleuré, mais je ne lui ai lâché la main qu'à l'intérieur de la cage d'escalier.

Il m'a hurlée dessus : "méchante ! Je vais te mettre dans pièce avec un loup qui fait très peur ! ahhh ! Méchante, t'es un loup !".

Et il m'a donné un coup de pied.

Il a essayé, j'ai esquivé, et je lui ai demandé de monter (nous habitons au premier étage sans ascenseur). Il a gravi une marche, en criant, et il s'est retourné pour essayer à nouveau de me faire mal avec un coup de pied.

Je lui ai demandé, à nouveau, de monter les escaliers, mais il refusait de bouger, sauf pour crier ou me donner un coup de pied.

Alors je l’ai soulevé avec ma main libre par dessous les aisselles, et je l'ai reposé devant notre palier. Ses cris ont redoublés. Nous sommes rentrés chez nous ; je l'ai un peu poussé. Une fois la porte fermée, il m'a foncé dessus, et il m'a donné des tapes avec sa main.

J'ai recommencé mon discours : "Arrête Timéo ! Ne me tape pas, les mains sont faites pour protéger, par pour frapper. Je ne veux pas te faire de mal, et je ne veux pas que tu m'en fasses. Tu le sais, dans cette maison, ton papa et moi avons choisis de ne pas taper ou donner de fessées. Mais tu peux crier, si tu veux."

Il a hurlé encore quelques minutes.

Une fois déchaussée, je l'ai regardé : il pleurait, mais son regard n'était plus agressif, plutôt perdu, désemparé. Alors je lui ai ouvert mes bras, et il s'y est blotti.

Cinq minutes après, il était calmé, et nous avons parlé de ce qu'il venait de se passer, dans les bras l'un de l'autre.

 

______________________

Quand je repense à cette scène, je suis étonnée de mon propre calme.

Il y a peu de temps, et même parfois encore, face à ce type de comportement, je n'aurais pas réagis comme ça. J'aurai plutôt répliqué : "Non, je ne suis pas méchante, c'est toi qui est méchant, c'est toi m'a tapé, c'est toi qui a commencé". Je l'aurais peut-être aussi tapé, non, plutôt bousculé, car ça fait des années que je ne donne plus de fessées, mais j'ai, j'avais quand même des pulsions, des envie de taper. Je devais faire un effort, un gros effort pour lutter contre mes pulsions violentes, respirer un grand coup, m'isoler un peu pour retrouver mon calme, me remémorer les belles théories éducatives non violentes, et réfléchir à comment gérer le conflit.

Il y a quelques années, je réfléchissais au conflit, à comment le gérer d'une façon différente. Quand j'ai commencé à écrire ce blog, j'entendais des phrases sortir de ma bouche que je trouvais étranges, bizarres, pas naturelles du tout.

Et aujourd'hui, c'est naturel. Bon, ce n'est pas naturel tout le temps, ni tous les jours. Mais dimanche dernier, ça l'était ; j'étais naturelle, j'ai agis sans réfléchir, sans faire d'effort particulier.

Quand je regarde tout le chemin que j'ai parcouru, et je suis confiante pour l'avenir.

En septembre dernier, lors des journées spirales "punir bébé", une femme avait pris la parole pour dire que c'est bien beau de pas donner de fessées, en théorie, mais qu'on n'est pas au pays des bisounours non plus. Sa déclaration avait fait réagir vivement la salle, beaucoup l'approuvait, d'autres n'étaient pas d'accord.

Je ne vis pas au pays des bisousours. Et pourtant, j'élève mes enfants sans fessée, sans punition, sans récompense, sans menace de punition, et tout en étant moi-même, sans chercher à être gentille, ni fausse (je ne fais pas front commun avec mon mari, et lui non plus, chacun s'exprime).

Et mes enfants vont bien.

 __________________________

Voici une petite anecdote : une dispute entre mes deux fils, la semaine dernière dans la voiture. Timéo criait à son frère "méchant, méchant", et Tadéo lui répondait "non pas méchant, pas méchant". Timéo a continué de crier de plus belle, plus fort. Et Tadéo lui a alors répliqué de la même façon de son père la veille : "gentil Timéo, gentil Timéo". Le grand a observé le silence, et le plus petit a réaffirmé avec conviction : "gentil Timéo, gentil Timéo". Fin de la dispute.

La veille, ils pleuraient, criaient, hurlaient : "méchant" ; "non pas méchant" pendant 15 longues minutes à table, et le lendemain, Tadéo, 22 mois seulement, était déjà capable de reproduire la leçon de leur père.

Je suis fière de mes trois hommes.

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S

Même remarque pour moi. Il m'est parfois bien difficile de trouver les mots justes , ou ils viennent après coup. Mais je sens bien que petit à petiti je mets moins de temps à réfléchir et c'est
devenu plus naturel. J'ai donc bon espoir.
Répondre
T


Bon courage à toi ^^ La route est parfois longue, mais ça vaut tellement le coup !


N'hésite pas à écrire d'autres témoignages dans la rubrique prévue, c'est avec un grand plaisir que je les lis.



F

Wouahou, ça donne de l'espoir de voir que tu l'as vraiment intégré les choses et que tu ne fais plus d'efforts de chercher des phrases de CNV ou de Gordon. Pour moi c'est pas encore ça, alors je
suis heureuse de te lire, ça donne du courage !!!


Merci encore une fois pour ton blog !!!
Répondre

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